Le 19 mai 1970 marquait une étape capitale dans l’histoire médiatique du Sénégal, à l’aube de laquelle apparaissait le tout premier numéro du quotidien national « Le Soleil du Sénégal ». Né des cendres de Dakar-Matin, lui-même héritier du journal colonial Paris-Dakar, Le Soleil incarnait alors la volonté du jeune État sénégalais de doter le pays d’un organe de presse véritablement tourné vers la nation.
L’initiative de créer ce nouveau quotidien remonte à 1966, lors du congrès de l’Union progressiste sénégalaise (UPS), antécédent du Parti socialiste. Les autorités estimaient que Dakar-Matin restait enfermé dans l’héritage colonial et ne répondait pas aux ambitions d’un Sénégal devenu indépendant. Le projet a suivi un chemin laborieux et s’est concrétisé officiellement au printemps 1970.
Le 16 mai 1970, Dakar-Matin publiait son dernier numéro. Trois jours plus tard paraissait « Le Soleil du Sénégal », édité par la Société sénégalaise d’éditions, dans laquelle l’État détient 65 % du capital. À la tête du journal se trouvaient Aly Dioum, directeur de publication, et Bara Diouf, rédacteur en chef.
La Une du premier tirage mettait en avant le Gamou de Tivaouane, accompagnée de l’appel historique lancé par Serigne Abdou Aziz Sy Dabakh aux paysans : « Soyez de votre temps ». L’éditorial inaugural portait pour sa part un titre devenu emblématique : « Aujourd’hui, l’événement, c’est aussi Le Soleil ».
Pendant plus d’un demi-siècle, Le Soleil n’a cessé de raconter l’histoire du Sénégal, d’accompagner ses transformations et de témoigner des grands événements politiques, sociaux, économiques et culturels qui jalonnent le pays.