Dans l’optique d’insuffler une dynamique nouvelle au développement économique du pays, le gouvernement a lancé l’Agenda de transformation nationale Sénégal 2050. Pour que cette vision prenne vie, il est indispensable d’élaborer une politique de décentralisation efficace qui permette de transformer la nation en une économie naissante, inclusive et durable, en plaçant la décentralisation des politiques publiques et l’autonomie des collectivités territoriales au cœur du dispositif. C’est dans cette perspective qu’a émergé une réforme ambitieuse de la décentralisation, baptisée Acte IV. Cette approche a été portée jusqu’à Podor lors d’une concertation organisée en collaboration avec l’Agence de développement local (ADL) et le Programme national de développement local (PNDL), et articulée autour de trois axes stratégiques : la résilience des territoires, l’approfondissement de la décentralisation (du passage de l’Acte III à l’Acte IV) et le partage autour de la présentation du Pôle-nord.
La rencontre a réuni un ensemble d’acteurs locaux — présidents de conseils départementaux, maires, élus, chefs de village, représentants de la société civile, délégués de quartier — ainsi que des partenaires techniques et financiers. Elle s’est structurée autour de deux thématiques clés : d’un côté l’évolution des risques d’inondation fluviale à Podor et les mesures préventives associées, et de l’autre la gestion des services et équipements liés aux compétences transférées. L’objectif est de permettre aux collectivités de passer d’une gestion axée sur des contraintes à une maîtrise proactive de leur propre développement, tout en rapprochant les lieux de décision des citoyens et en promouvant une gouvernance participative et inclusive. « La préparation de la grande réforme sur la décentralisation, désormais baptisée Acte 4, et l’établissement des huit pôles-territoires reposent sur l’approfondissement du territorial et des politiques publiques, et exigent l’adoption d’une démarche participative et inclusive à travers des concertations régulières », peut-on lire dans les termes de référence.
Selon Moussa Bala Fofana, ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire, « face aux défis considérables de notre époque — les crues menaçant nos foyers et les compétences qui nécessitent une gestion plus équitable et efficace — une simple réforme ne suffit pas ». Il appelle à une transformation profonde, audacieuse et collective qui place chaque territoire, chaque communauté et chaque citoyen au cœur de l’action publique. À l’ouverture de l’atelier, le ministre a insisté sur le fait que l’Acte IV dépasse le cadre d’un texte: c’est un pacte. Un pacte de confiance, de responsabilité et de solidarité entre l’État et les territoires, qui promet un Sénégal où l’action publique n’impose pas sa volonté aux populations, mais agit avec elles, en s’appuyant sur leur savoir, leur courage et leur capacité d’innovation. Au-delà des enjeux majeurs comme la numérisation des services et la gestion des inondations, cette rencontre est amenée à formuler des recommandations ambitieuses pour une meilleure administration territoriale du pays.
sn