Selon les informations diffusées auparavant, la campagne « octobre rose » a été lancée à Dakar le 1er octobre, après une annonce préliminaire. Des femmes se sont rendues au siège de la Ligue sénégalaise contre le cancer (Lisca) pour bénéficier d’un dépistage gratuit et découvrir leur état de santé.
Au siège de la Lisca, jeudi 1er octobre, les places se remplissent progressivement au fil de la matinée. Des femmes arrivent, s’installent, attendent leur tour puis entrent dans les salles dédiées au dépistage. Certaines échangent quelques mots avec les personnes présentes, d’autres restent silencieuses, les regards fixés sur les portes qui s’ouvrent et se referment. Plus d’une cinquantaine de femmes se présentent pour se faire dépister gratuitement lors de ce premier jour d’« Octobre rose ». Derrière ce rendez‑vous médical se cachent les mêmes préoccupations : vérifier, savoir et surtout ne pas attendre que la maladie s’installe. Dans les couloirs de la Lisca, les arrivées s’enchaînent. Une femme termine son inscription, une autre attend son tour. L’ambiance demeure calme, mais le sujet du cancer invite à la réserve dans les échanges. Le cancer du sein occupe les conversations et les pensées en cette matinée consacrée au dépistage. Adji Fall fait partie des femmes venues profiter de l’action « Octobre rose ». Elle explique que sa présence au siège résulte aussi d’une recommandation de son mari. Elle a choisi de venir vérifier son état de santé, avec cette idée qui revient souvent lorsque l’on parle du cancer : mieux vaut savoir. « Je suis venue me dépister parce qu’on ne peut jamais être certain. Le cancer est une maladie sourde. Le dépistage est un moyen de prévention », confie-t-elle. À quelques pas, Katy Ndiaye, une femme d’environ soixante ans, connaît déjà le chemin. Ce rendez‑vous représente pour elle le troisième dépistage en trois années. Elle revient dans le cadre de la campagne avec une motivation concrète : profiter de la gratuité pour surveiller son état de santé. « Je viens me dépister parce que vérifier notre état de santé ne coûte rien quand on atteint un certain âge. Le cancer peut arriver sans prévenir, donc je viens vérifier, d’autant plus que c’est gratuit », déclare-t-elle. Pour Adji Diagne, âgée de 30 ans, l’initiative est motivée par la peur. Mariée, elle déclare avoir entendu parler du cancer de nombreuses fois récemment. Cette accumulation d’informations l’a poussée à venir se faire examiner. « J’ai peur », lâche-t-elle.
Quarante-neuf sites mobilisés
Pour la Lisca, « Octobre rose » sert justement à provoquer ce réflexe. « L’objectif, c’est d’inciter le maximum de femmes à aller se faire dépister », explique le Dr Fatma Guenoune, présidente de la Lisca. Selon elle, le dépistage permet de repérer tôt d’éventuelles anomalies afin d’engager rapidement la prise en charge. L’année précédente, quarante-neuf sites avaient été mobilisés pour le dépistage. Pour cette édition, la liste définitive des sites est encore en cours de finalisation. Le Dr Fatma Guenoune précise que le déploiement dépend des partenaires et des confirmations financières. Des partenaires peuvent aussi se retirer à la dernière minute, c’est pourquoi Lisca préfère attendre pour communiquer une liste définitive. L’objectif demeure toutefois d’étendre l’action à plusieurs régions du Sénégal et de renforcer la présence en banlieue. Au siège de la Lisca, les consultations sont prévues tous les jours du 1er au 30 octobre. Le dépistage du cancer du sein vise prioritairement les femmes âgées de 40 ans et plus. Pour le cancer du col de l’utérus, la campagne cible les femmes à partir de 25 ans, notamment celles en âge de procréer et sexuellement actives. Le Dr Fatma Guenoune insiste aussi sur le fait que le dépistage est une porte d’entrée vers une prise en charge plus large. Lorsqu’une anomalie est détectée au niveau du sein, Lisca prévoit la suite du parcours, avec notamment la mammographie et, si nécessaire, la biopsie. L’objectif affiché est de permettre aux femmes de poursuivre leur parcours médical après le dépistage, jusqu’à une prise en charge complète. Le Dr Guenoune rappelle que pendant « Octobre rose », l’examen de mammographie peut être pris en charge à hauteur de 30 000 FCfa, alors qu’il est estimé à environ 80 000 FCfa.