Dakar, levier d’industrialisation pharmaceutique — Congrès de la Société ouest-africaine galénique et industrielle

14 novembre 2025

Dakar accueille, depuis hier et pour trois jours, le 4e Congrès de la Société ouest-africaine galénique et industrielle (Soapgi). Des enseignants-chercheurs et des professionnels de la pharmacie venus d’Afrique de l’Ouest se sont réunis dans la capitale sénégalaise, plus précisément à la Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), afin d’examiner les questions liées à la pharmacie. Cette discipline avait révélé ses limites en matière d’approvisionnement en médicaments lors de la pandémie de Covid-19. « Le thème du 4e congrès porte sur l’opportunité et le défi du développement de l’industrie pharmaceutique en Afrique. C’est un sujet particulièrement intéressant. Si l’on remonte un peu dans le temps, en 2019-2020, le monde entier a été confronté à une pandémie appelée Covid-19. À ce moment-là, nous avons constaté dans nos pays africains des problèmes d’approvisionnement en médicaments. Cela illustre véritablement la fragilité de notre système pharmaceutique, et met en évidence l’importance de développer une industrie pharmaceutique africaine qui pourrait régler un certain nombre de problèmes », déclare Pr Gora Mbaye, président du comité d’organisation du 4e Congrès de la Soagip.
Il évoque le cas du Sénégal qui cherche à jeter les bases de l’industrialisation de sa pharmacie tout en affrontant des difficultés d’ordre financier. « Les obstacles sont nombreux, notamment en matière de financement. C’est d’ailleurs ce qui justifie que, récemment au Sénégal, on ait mis en place une initiative baptisée corrélation, destinée à permettre à l’industrie pharmaceutique locale de croître et d’obtenir une part de marché plus conséquente. Ces parts de marché devraient être attribuées ou confiées à des industries locales comme Teranga Pharma, West Africa Pharma et Socafi. Et l’on espère qu’elles sauront exploiter cela », précise le président du comité d’organisation, notant que des participants viennent de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Burkina Faso, du Cameroun et du Bénin pour prendre part à cette rencontre.
« Pour le secteur privé et le secteur national, l’injonction est de les inviter et les pousser à investir dans l’industrie pharmaceutique. C’est un secteur très prometteur et, lorsqu’il bénéficie d’un bon soutien, il peut générer de bons résultats, tant pour ceux qui investissent que pour la population. Car une fois que nous aurons instauré une souveraineté pharmaceutique, nos populations disposeront de médicaments à suffisance », a affirmé Pr Gora Mbaye à l’endroit du secteur privé. La Côte d’Ivoire a accueilli ce congrès à deux reprises, le Burkina Faso l’a organisé une fois, et le Sénégal va prendre le relais cette année pour accueillir la quatrième édition.