À quelques semaines du coup d’envoi des JOJ Dakar 2026, l’enthousiasme gagne déjà les allées du marché Sandaga. Des stands d’artisanat aux étals de maillots, les marchands dakarois ajustent leurs stocks et leurs tarifs, résolus à transformer cet événement historique en une opportunité économique et culturelle majeure.
À mesure que l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ Dakar 2026) approche, prévues du 31 octobre au 13 novembre 2026, le centre-ville se métamorphose peu à peu. Une signalétique très colorée, affichant les couleurs de l’événement, envahit les artères principales et déploie dès maintenant l’effervescence de cette grande fête sportive.
Aux abords d’un des sites retenus pour les épreuves, les commerçants du cœur même de la capitale s’animent pour tirer parti de ce rendez-vous international. Conscients des retombées économiques à venir, ils ajustent l’offre en fonction des demandes des délégations et des visiteurs étrangers.
Parmi eux, Abdoulaye, artisan et marchand d’art, ajuste sa stratégie :
« Nous sommes en pleine préparation. Désormais, nous n’attendons plus que les stocks soient épuisés pour réapprovisionner : chaque pièce vendue est aussitôt remplacée », confie l’artisan, vêtu d’une tenue sobre et ajustant ses lunettes.
Serein sur la gestion de sa marchandise, il détaille sa grille tarifaire et les prix de ses œuvres : « Ce tableau est à 200 000 francs, le suivant à 175 000 francs et l’autre à 150 000 francs. (il désigne les tableaux) Les tarifs varient selon la qualité. Et la qualité dépend notamment du bois, des cadres et de la peinture utilisée. »
Le maillot, vedette des étals de Sandaga
Au cœur du marché Sandaga, l’effervescence ne faiblit pas. Étals saturés, tables encombrées et marchands ambulants forment un tableau d’un espace en mouvement constant. Dès le premier regard, une dominante s’impose : les maillots de sport, suspendus à l’affichage des magasins ou alignés le long des façades, apparaissent comme les pièces maîtresses de l’économie locale.
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Déniché au milieu d’un rassemblement animé, Khali, commerçant spécialisé, opère depuis une boutique discrète, nichée au fond d’une demeure. Arborant le maillot d’un grand club européen, il anticipe déjà une poussée de son chiffre d’affaires.
« Le Sénégal s’apprête à accueillir le monde. À leur arrivée, les supporters recherchent les couleurs de leurs nations respectives. Nous avons pris les devants en multipliant les commandes pour répondre à toute demande », explique-t-il, en déballant des maillots encore scellés dans leurs sachets.
Un engouement local se dessine déjà :
« Actuellement, les Sénégalais s’emparent davantage des maillots du Sénégal. Peut-être que cela s’explique par l’approche des JOJ. Ils achètent les maillots comme ils le faisaient pendant la CAN. »
Conscient de l’importance historique de ces JOJ, premiers sur le continent et en particulier au Sénégal, Khalil veut faire de la légendaire Teranga un levier commercial et relationnel : « Nous attendons désormais les visiteurs. C’est notamment pour leur arrivée que nous avons renforcé nos stocks de marchandises ».
Mettre en valeur le « Made in Sénégal »
Au-delà de l’enthousiasme sportif, la compétition s’impose comme une vaste vitrine culturelle. Dans l’allée des comptoirs d’artisanat, Babacar expose ses pièces textiles de collection. Ses sacs confectionnés à la main, alignés avec soin du fond de la boutique à l’extérieur, retiennent aussitôt l’attention.
« Notre activité est habituellement orientée vers l’export vers l’Europe ou l’Amérique du Nord, notamment le Canada et la Belgique. Avec les JOJ qui se déroulent à domicile, nous réorientons nos stocks pour répondre directement à la demande des visiteurs sur place », souligne-t-il.
Avant de conclure sur l’exigence de qualité qui guide son travail : « Il y en a pour toutes les bourses, mais sans aucune concession sur les finitions : à travers nos produits, c’est l’image du savoir-faire sénégalais que nous exportons. »