Les pertes liées à la cybercriminalité en Afrique ont connu une progression notable, doublant pratiquement entre 2024 et aujourd’hui: elles sont passées d’environ 109,3 milliards de francs CFA à plus de 275,5 milliards CFA, selon les révélations d’Interpol, l’Organisation internationale de la police criminelle.
Selon les chiffres fournis par Interpol, les pertes liées à la cybercriminalité ont plus que doublé depuis 2024, passant de 192 millions à 484 millions de dollars (soit environ 275,5 milliards de francs CFA), un accroissement attribué principalement à des arnaques facilitées par l’intelligence artificielle, à la collecte de diplômes et à des campagnes d’ingénierie sociale automatisées.
Dans son dernier rapport d’évaluation des menaces cybernétiques en Afrique publié lundi, l’Organisation internationale de la police criminelle rappelle qu’en 2025 les arnaques en ligne demeurent le type de cybercriminalité le plus signalé, les attaquants utilisant les plateformes d’argent mobile, les réseaux sociaux et l’IA pour atteindre leurs cibles.
Interpol indique que 72 % des pays participant à l’enquête ont signalé la présence de centres frauduleux, avec une concentration plus marquée en Afrique australe et en Afrique de l’Ouest.
La sextorsion numérique et le harcèlement en ligne, souvent rendus possibles par des deepfakes générés par l’IA et des contenus synthétiques, restent omniprésents, avec environ 600 000 détections de sextorsion enregistrées selon le rapport.
Par ailleurs, le document met en évidence une amélioration substantielle de la sophistication des schémas de compromission des courriels professionnels (BEC) grâce à l’utilisation de l’IA pour générer des échanges électroniques d’apparence extrêmement crédible.
Cela permet, selon Interpol, à des acteurs malveillants basés en Afrique de cibler des victimes en Europe et en Amérique du Nord en s’appuyant sur des infrastructures réparties dans plusieurs juridictions.
Le rapport révèle également qu’un manque de partage en temps réel des données entre les banques, les opérateurs télécoms et les forces de l’ordre crée un angle mort dangereux dans les efforts de lutte contre la fraude financière.
Il souligne que cette vulnérabilité est exploitée par des criminels qui ont dépassé le simple vol de références existantes pour fabriquer des identités entièrement synthétiques.
Pour l’Organisation internationale de la police criminelle, la combinaison de données personnelles réelles avec des éléments fabriqués, notamment les personas numériques générés par l’IA, permet aux acteurs malveillants de contourner même les systèmes biométriques les plus avancés.
Ces techniques ont été utilisées pour ouvrir des comptes bancaires, sécuriser des prêts mobiles et enregistrer des cartes SIM sous de faux noms, selon Interpol.
APS