Le bureau du Cadre unitaire de l’islam au Sénégal (CUDIS) a été accueilli ce mardi 15 septembre 2026 par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Moussa Sarr. La délégation, conduite par Serigne Abdou Aziz Mbacké Majalis, président du CUDIS, comprenait également Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Amine (vice-président), le Dr Cheikh Gueye (secrétaire général), ainsi que Sokhna Abibatou Lo et Cheikh Chérif Mballo.
En commençant par mettre en avant les qualités humaines du ministre et son engagement en faveur des plus vulnérables, les représentants du CUDIS ont présenté l’organisation, créée en 2016 pour fédérer les différentes familles religieuses du pays autour des grands enjeux nationaux.
Les échanges ont porté sur plusieurs dossiers sensibles : le Code de la famille, la place des cadis dans les instances juridictionnelles, la promotion des langues nationales dans le système judiciaire, ainsi que la nécessité d’établir un dialogue régulier avec l’administration ministérielle. Le CUDIS a en outre tiré la sonnette d’alarme sur les dérives observées sur les réseaux sociaux, tout en mettant en avant ses actions en faveur du vivre-ensemble, notamment des programmes de formation ayant déjà profité à plus de 250 enfants talibés.
« La justice est l’affaire de tous »
En réponse, le Garde des Sceaux a tenu à louer le rôle joué par le CUDIS « dans plusieurs moments importants de la vie nationale », rappelant que « la justice est l’affaire de tous ». Il a mis l’accent sur le vivre-ensemble, décrit comme « un marqueur essential » du Sénégal, et a dénoncé fermement les attaques intra-religieuses qui prolifèrent sur les réseaux sociaux.
À ce sujet, le ministre a annoncé l’élaboration d’une circulaire de politique pénale générale, destinée à matérialiser « une volonté de fermeté » face à ces dérives, tout en invitant le CUDIS à poursuivre ses actions de sensibilisation sur le terrain.
Code de la famille et cadis : des chantiers en cours
Concernant le Code de la famille, Me Moussa Sarr a reconnu la complexité des questions soulevées, plaidant pour la recherche de « compromis dynamiques » avec l’ensemble des parties prenantes. Sur le dossier des cadis, il a indiqué avoir saisi les autorités judiciaires compétentes afin d’effectuer leur recensement, étape préalable au renforcement de leurs capacités et, le cas échéant, à leur recrutement.
L’audience s’est conclue sur une volonté partagée de poursuivre le dialogue et la collaboration entre les deux parties autour des questions liées à la justice, à la démocratie et au vivre-ensemble.
O.B.N