Les interlocuteurs du dialogue social déplorent l’usage de la réquisition et exigent des éclaircissements de la direction concernant cette mesure adoptée en période de crise sociale.
Le climat social demeure tendu au Centre régional des œuvres universitaires sociales du Sine Saloum (CROUS-SS). Dans une déclaration, les partenaires sociaux dénoncent l’emploi de la réquisition des agents, qu’ils perçoivent comme une entrave au dialogue social.Ils estiment que la direction privilégie la contrainte au détriment de la concertation.
Au centre de la controverse se trouve l’arrêté n° 0154/GR.KAF/BC du gouverneur de Kaffrine, daté du 21 octobre 2026. Selon les syndicats, ce texte découle d’une correspondance adressée la veille par le directeur du CROUS Sine Saloum, sollicitant la réquisition de personnels pour la période du 21 au 23 octobre. Une démarche que les représentants des travailleurs regrettent, estimant qu’il aurait été souhaitable de privilégier le dialogue face aux revendications présentées.
Autre point contesté, les lettres de notification n’auraient été reçues que le mercredi 21 octobre à 18 h 30, alors que l’arrêté fixait les horaires de réquisition de 8 h à 18 h pour cette même journée. Les syndicats demandent ainsi à la direction de préciser les modalités de comptabilisation de cette journée. Ils exigent également la communication de la lettre ayant motivé la mesure ainsi que la justification de chaque poste réquisitionné au regard du décret n° 72-017 du 11 janvier 1972.
Tout en appelant les agents concernés à se conformer à la réquisition pendant la période indiquée, les partenaires sociaux se réservent le droit d’engager des recours pour défendre le droit de grève. Les syndicats réitèrent, par ailleurs, leurs principales doléances, notamment les rétrogradations qu’ils jugent arbitraires, le paiement sélectif de certaines primes et les affectations contestées. « Le directeur peut faire réquisitionner des agents, mais il ne peut réquisitionner ni le cœur ni la voix des travailleurs », prévient‑ils, réaffirmant leur détermination à défendre les droits syndicaux et à obtenir des réponses à leurs revendications.