Face à une configuration de tensions durables qui pousse à l’armement, érode les mécanismes de réduction des armes et amplifie les dangers posés par les technologies émergentes et l’exploration spatiale, le Sénégal appelle à un élan solidaire et collectif. C’est ce qu’a déclaré jeudi le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, lors de son allocution à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Il appelle à une réponse rapide, unie et solidaire des Nations Unies face aux conflits et crises sociopolitiques qui frappent le monde, notamment au Moyen-Orient, en Ukraine et en Afrique; un plaidoyer qu’a réitéré, jeudi, le président à la tribune des Nations Unies.
« Les affrontements armés se multiplient. Les guerres en Ukraine, au Moyen-Orient, au Soudan, les crises en Haïti, au Yémen et en Afrique, y compris l’expansion du terrorisme au Sahel, témoignent d’une dégradation continue et d’une fragilisation profonde de la paix et de la sécurité internationales », a déploré le chef d’État sénégalais.
À Gaza comme dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés, poursuit le président Bassirou Diomaye Faye, les souffrances humaines demeurent « inacceptables » ; la violation systématique du droit international est « intolérable ».
Par conséquent, il estime qu’il est temps d’intervenir pour mettre fin à l’horreur des massacres et des destructions. Car, pour le président Faye, aucune paix ni aucune sécurité ne sera « viable ou durable » sans la solution à deux États : une Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale, et Israël ; les deux vivant côte à côte dans des frontières sûres et internationalement reconnues.
« Dans un contexte de conflits constants, qui pousse à l’armement, fragilise les cadres du désarmement et augmente les risques liés aux nouvelles technologies et à la conquête de l’espace extra-atmosphérique, le Sénégal appelle à un cap d’unité et d’action collective », a-t-il réitéré.
« Le Sahel ne peut être livré à un destin funeste »
En réalité, reconnaît le chef de l’État, la paix n’est pas une simple aspiration. C’est une responsabilité collective. D’ailleurs, note-t-il, c’est pourquoi, en sa qualité de président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), il ne « ménagera aucun effort » pour œuvrer au service de la paix et de la sécurité dans la sous-région, en collaboration avec l’Union africaine et les Nations unies.
« Je pense notamment à la lutte contre le terrorisme. Elle doit être un combat commun, parce que le fléau du terrorisme est par essence transfrontalier. Le Sahel ne doit pas être abandonné à son triste sort. Sa déstabilisation n’épargnera ni l’Afrique, ni d’autres intérêts présents au Sahel », a-t-il indiqué.
Au-delà des conflits armés, Bassirou Diomaye Faye a relevé lors de son discours les crises sanitaires qui s’aggravent avec l’épidémie d’Ebola, les inégalités mondiales qui s’accentuent.
« L’urgence climatique est devenue une réalité encore plus brutale, dont le coût humain, économique et social ne cesse de s’alourdir. Face au climat et à bien d’autres périls environnementaux de notre temps, il nous faut agir. C’est notre ambition pour la troisième Conférence des Nations Unies sur l’eau que le Sénégal co-organisera avec les Émirats arabes unis, à la fin de cette année », a-t-il fait savoir.