Crise du leadership mondial: Pr Abdoulaye Bathily, envoyé spécial pour les questions internationales

30 septembre 2025

Le laboratoire d’idées citoyen Wathi a marqué, mardi à Dakar, une décennie d’existence en organisant un colloque régional consacré à l’évolution des think tanks en Afrique de l’Ouest face aux mutations démocratiques et sécuritaires. Le professeur Abdoulaye Bathily, envoyé spécial du président Bassirou Diomaye Faye sur les questions internationales, a pris la parole avec gravité et une certaine dose d’optimisme sur la conjoncture actuelle. Ancien envoyé spécial de l’ONU en Afrique centrale et médiateur au Burundi et en Libye, Abdoulaye Bathily a rappelé son expérience au cœur des crises africaines les plus intenses. «J’ai eu le privilège de rencontrer Gilles Yabi, comme il l’a évoqué tout à l’heure, non seulement dans mes missions au Mali, mais aussi un peu partout en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Je me remémore notre rencontre à Bangui, au plus fort de la crise en République centrafricaine», a déclaré Pr Abdoulaye Bathily.
Selon lui, Wathi constitue une illustration rare d’une réflexion rigoureuse sur les enjeux africains. «Nous avons besoin de think tanks pour raisonner, pour nous sortir de l’impasse dans laquelle certains veulent nous embarquer. Aujourd’hui, nous sommes dépendants d’eux. Il nous faut croire en l’avenir d’une humanité meilleure et rester confiants quant à la capacité des hommes et des femmes de surmonter les épreuves actuelles, et de dépasser les handicaps présents. Nous vous exhortons à poursuivre ce travail», a-t-il lancé. Invité d’honneur du colloque, l’ancien émissaire des Nations unies a salué le rôle inestimable des laboratoires d’idées dans la construction d’alternatives crédibles sur les enjeux de développement et de gouvernance en Afrique de l’Ouest et au-delà. «Il y a une véritable crise de leadership dans le monde d’aujourd’hui. Nous avons besoin de l’éclairage des think tanks pour ouvrir la voie vers un monde meilleur», a-t-il relevé, estimant que la révolution de l’Afrique de l’Ouest est tout un symbole des dynamiques du monde contemporain. «Certes, le monde passait par une période de basculement. Quand j’ai écouté attentivement le discours du plus grand leader de la planète, il y a de quoi en avoir froid dans le dos. Effectivement, personne n’aurait pu imaginer ce qui est en train de se produire», a-t-il poursuivi. Néanmoins, il se dit optimiste. «Personnellement, je suis optimiste. Le monde réussira, les peuples réussiront à transcender cette période sombre de l’histoire de la trajectoire humaine sans aucun doute. Et c’est précisément pour cela que nous avons besoin d’organisations comme Wathi», a-t-il conclu.