À l’occasion de l’Année sino-africaine consacrée aux échanges humains et culturels, Kady Diedhiou, cheffe de cabinet du Secrétaire d’État chargé de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, plaide pour un renforcement du dialogue et de la coopération entre le Sénégal et la Chine, en privilégiant les échanges culturels, le cinéma, le tourisme et l’artisanat. En mission sur le territoire chinois, elle juge que les deux nations partagent des valeurs communes susceptibles de fortifier un partenariat qui perdure depuis longtemps.
Pour elle, la découverte de la Chine a été marquée par la richesse de sa diversité culturelle, mais surtout par les nombreuses similitudes qu’elle perçoit avec le Sénégal. Elle mentionne notamment l’importance accordée à la famille, au respect des aînés et à la transmission du savoir. La Journée des enseignants en Chine, où d’anciens élèves honorent leurs professeurs, lui apparaît comme une illustration tangible de ces valeurs communes. Elle exprime aussi son admiration pour les efforts visant à préserver et mettre en valeur le patrimoine culturel, qu’elle voit comme un levier puissant pour stimuler le tourisme.
Selon Kady Diedhiou, les liens entre Dakar et Pékin s’enracinent dans une longue tradition d’amitié et de coopération, tant dans les infrastructures que dans le domaine culturel. Elle rappelle que plusieurs réalisations phares du Sénégal, comme le Grand Théâtre national ou le Musée des Civilisations noires, résultent de cette collaboration. Elle est toutefois convaincue que ce cadre peut encore être élargi, notamment dans les secteurs des industries culturelles et créatives.
Le cinéma apparaît, à ses yeux, comme l’un des secteurs les plus prometteurs. La cheffe de cabinet plaide pour le développement de coproductions entre les deux États et pour la diffusion des œuvres audiovisuelles via le doublage. Elle rappelle que plusieurs séries chinoises ont déjà été doublées à Dakar par des comédiens sénégalais avant d’être diffusées en Chine, preuve selon elle que les deux publics peuvent s’approprier ces productions du fait de nombreuses affinités culturelles.
Au-delà des industries culturelles, elle voit aussi un fort potentiel de coopération dans le tourisme et l’artisanat. Elle souligne que la Chine possède un patrimoine exceptionnel qui soutient son attractivité touristique, alors que le Sénégal peut mettre en avant ses paysages, sa stabilité et la richesse de son artisanat. Ces atouts, selon elle, ouvrent la voie à des partenariats mutuellement bénéfiques.
Interrogée sur l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels, elle considère cette initiative comme une opportunité de consolider des relations déjà solides. Pour elle, « coopérer, c’est connecter les peuples ». Or, cette connexion passe d’abord par une plus grande mobilité des citoyens. Elle appelle ainsi à faciliter les déplacements entre la Chine et les pays africains, notamment par des politiques de visas plus souples, afin de stimuler les échanges touristiques, commerciaux et culturels.
Pour Kady Diedhiou, le renforcement des échanges humains constitue ainsi le socle d’une coopération durable. Une meilleure circulation des personnes permettrait, selon elle, de rapprocher davantage les sociétés chinoise et sénégalaise, tout en donnant une nouvelle impulsion au partenariat entre les deux pays.