Le jeûne s’inscrit comme une période de dévotion et de prière. Toutefois, cela n’interdit pas aux personnes qui jeûnent de respecter leurs rendez-vous médicaux, notamment lorsqu’il s’agit de femmes enceintes. Au centre de santé de Hann Maristes, ces patientes poursuivent régulièrement leurs consultations gynécologiques auprès des sages-femmes et des gynécologues.
Le Ramadan demeure un temps de prière, de dévotion et de solidarité. Cette année, il coïncide avec le Carême observé par la communauté chrétienne. Cette convergence se ressent jusqu’aux structures de soins. Au centre de santé imam Moussa Kane de Hann Maristes, la prise en charge des malades se poursuit sans interruption. À l’accueil, quelques personnes attendent patiemment leur tour pour consulter, sous la vigilance du préposé à la sécurité qui veille au bon ordre. Devant le service maternité et gynécologie, des patientes, majoritairement voilées, tiennent leurs tickets en main et patientent. Le calme qui règne dans ces lieux est parfois troublé par des cris d’enfants. Ami Diène est presque à terme.
Elle est venue effectuer sa visite chez la sage‑femme. « J’ai réalisé toutes mes visites médicales dans cette structure. Avec le Ramadan, je me lève tôt pour arriver avant les autres. Je fais pleinement confiance à la sage‑femme qui me suit depuis des années. Ramadan ou pas, je viens à chacun de mes rendez‑vous », a-t-elle confié. Avec la chaleur accablante, le souffle des ventilateurs dans les salles de consultation se fait entendre à distance. Aïssatou Fall Diouf, accompagnée de son mari, figure parmi les patientes nombreuses qui consultent en ce début de semaine. Le visage crispé, elle serre la main de son époux et fait les cent pas pour lutter contre l’inconfort. « Je ne peux pas rester assise trop longtemps au risque d’avoir mal au ventre. Je viens pour un contrôle, car je ressens une douleur abdominale alors que ma grossesse n’est pas arrivée à terme », explique-t‑elle.
Safietou Gueye se retrouve dans une situation similaire. Cette jeune femme attend son tour pour consulter le gynécologue. En début de grossesse, elle poursuit ses visites, même pendant le Ramadan. « Le Ramadan m’aide d’ailleurs, car je n’ai pas de pression pour rentrer tôt. Le gynécologue me suit depuis quatre ans, car j’accouche toujours par Césarienne. Je ne peux donc pas manquer une visite, même en période de Ramadan », affirme-t-elle.
À quelques mètres, Mme Ndoye, le chapelet à la main, fait partie des patientes qui viennent voir le gynécologue avant d’aller travailler. Cette dame a attendu longtemps avant d’obtenir un rendez‑vous. « Je pensais qu’avec le Ramadan il y aurait moins de monde, mais ce matin ce n’est pas le cas. Je suis là depuis huit heures du matin et je dois encore patienter pour voir le spécialiste avant d’aller travailler », précise-t-elle.