Au troisième jour de l’opération militaire menée par les États‑Unis et Israël contre l’Iran, les bombardements sur Téhéran se poursuivaient lundi et des raids ont été lancés au Liban, faisant au moins 31 morts et de nombreux blessés en riposte aux attaques du Hezbollah, le mouvement pro‑iranien, contre le territoire israélien.
Voici les principaux développements du conflit :
La confrontation s’étend au Liban
Le Hezbollah, qui avait juré de répondre à l’agression menée par les États‑Unis et Israël contre l’Iran après la disparition de l’ayatollah Ali Khamenei, a mis ses menaces à exécution en affirmant lundi avoir tiré des missiles et des drones en direction d’Israël, marquant une étape nouvelle dans ce conflit.
L’armée israélienne a répliqué rapidement, indiquant viser des éléments du Hezbollah « à travers le Liban » et appelant à l’évacuation d’environ une cinquantaine de villages. Des journalistes de l’AFP ont entendu d’importantes détonations à Beyrouth et ont vu de nombreux habitants quitter les zones touchées dans le sud du pays.
Selon un premier bilan officiel, les frappes israéliennes ont causé 31 morts et 149 blessés.
Israël frappe de nouveau Téhéran
L’armée israélienne a précisé lundi qu’elle poursuivait des « frappes à grande échelle » sur Téhéran « contre des cibles du régime iranien ».
L’agence Tasnim, proche des autorités iraniennes, a évoqué des explosions dans la capitale. D’après les médias, des immeubles résidentiels auraient été touchés par des missiles dans l’ouest du pays.
Explosions à Jérusalem
Un correspondant de l’AFP a entendu des détonations dans la matinée de lundi à Jérusalem. L’armée israélienne a lancé une alerte aérienne après avoir détecté des tirs de missiles en provenance d’Iran en direction de son territoire.
Dimanche, un missile iranien avait frappé la ville de Bet Shemesh, au centre d’Israël, faisant neuf morts, 11 disparus et 46 blessés.
L’Iran exclut toute négociation
Téhéran a affirmé qu’il « n’entamera pas de discussions » avec les États‑Unis, selon Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. Il a accusé Donald Trump d’avoir plongé le Moyen‑Orient dans le chaos par ses ambitions illusoires.
Un mort à Bahreïn, explosions au Qatar et aux Émirats
Au Bahreïn, une personne a été tuée dans une attaque attribuée à l’Iran, a déclaré le ministère de l’Intérieur.
Les journalistes de l’AFP à Doha, Abou Dhabi et Dubaï ont relevé des détonations violentes dans la matinée de lundi.
Attaque contre une base en Irak
Le groupe armé pro‑iranien Kataeb Hezbollah, ciblé à plusieurs reprises depuis le lancement de l’offensive israélo‑américaine contre l’Iran, a annoncé lundi que de nouvelles frappes avaient frappé son bastion principal en Irak, la base militaire de Jurf al‑Nasr.
« Frappe de drone présumée » à Chypre
L’armée du Koweït a indiqué lundi avoir intercepté plusieurs drones au‑dessus de son territoire. En réponse, l’armée britannique a évoqué une « frappe de drone présumée » pendant la nuit sur la base aérienne d’Akrotiri, à Chypre, selon le ministère britannique de la Défense. Aucune victime n’a été signalée.
Trump crie vengeance
Les États‑Unis ont annoncé dimanche la perte de trois soldats, leurs premières pertes dans ce nouveau chapitre du conflit. Donald Trump a averti que ces morts ne resteraient pas sans réponse et a appelé le peuple iranien à reprendre le pouvoir, affirmant que « l’Amérique est avec vous ». Il a également exhorté les Gardiens de la Révolution, l’organe militaire idéologique de la République islamique, à déposer les armes ou à mourir.
Quatre à cinq semaines : c’est, selon lui, la durée estimée des opérations américaines, selon le New York Times, sans qu’il n’apporte de détails supplémentaires.
Il a aussi déclaré au journal qu’il disposait de « trois très bons choix » de candidats pour diriger l’Iran à l’avenir, sans révéler leurs noms.
Le pétrole en hausse spectaculaire
À l’ouverture des échanges, les cours du pétrole ont augmenté rapidement, dépassant les 80 dollars le baril, en raison des inquiétudes relatives à d’éventuelles perturbations majeures de l’offre mondiale.
La navigation dans le détroit d’Ormuz, qui relie l’Iran et Oman et permet le passage d’environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole, se retrouve quasi bloquée. L’Organisation maritime internationale (OMI) a demandé aux compagnies maritimes d’« éviter » la zone.
L’appareil iranien touché au cœur
Le quartier général des Gardiens de la Révolution a été détruit, selon le Pentagone. Les autorités iraniennes n’ont pas réagi publiquement. Des médias iraniens ont toutefois confirmé la mort de plusieurs hauts responsables, notamment le chef des Gardiens de la Révolution, le chef d’état‑major des forces armées et le ministre de la Défense.
Selon Donald Trump, les frappes américaines et israéliennes ont éliminé 48 « dirigeants » iraniens, sans toutefois fournir de détails supplémentaires.
Hommages à Khamenei
Après les cris de joie qui avaient retenti à Téhéran samedi à l’annonce de la mort de l’ayatollah Khamenei, des milliers de personnes ont rendu hommage au guide suprême dimanche à Téhéran, en criant « À mort l’Amérique ! » et « À mort Israël ! »
Des rassemblements similaires ont été signalés à Chiraz (sud) et à Yazd (centre).
Au Pakistan voisin, au moins 17 personnes sont mortes dimanche dans des manifestations pro‑iraniennes.
Bagdad a été le théâtre d’affrontements entre des manifestants et la police près de l’ambassade des États‑Unis.
AFP