À l’occasion d’un point de presse tenu hier, mardi 3 mars, l’ambassadeur d’Iran au Sénégal, Hassan Asgari, a salué la position adoptée par Dakar depuis le déclenchement de l’offensive menée par la coalition israélo-américaine le 28 février dernier et a estimé que le Sénégal pourrait occuper une place centrale comme médiateur dans ce conflit.
Selon lui, le Sénégal bénéficie d’un leadership diplomatique reconnu en Afrique et sur le plan international, ce qui lui confère la capacité de jouer un rôle déterminant dans la crise qui oppose l’Iran aux États-Unis et à Israël. Telle est, en substance, l’idée exprimée par l’ambassadeur lors de ce même entretien. L’offensive conduite par les États‑Unis et Israël contre la République islamique depuis le 28 février 2026 a plongé le Moyen‑Orient dans le chaos et, selon lui, provoqué la mort de 770 civils iraniens ainsi que la destruction de nombreuses infrastructures civiles (hôpitaux, écoles, bâtiments publics, entre autres).
Selon M. Asgari, le Sénégal « joue un rôle crucial dans la diplomatie en Afrique et même mondiale ». Il précise que le pays est un acteur clé dans les diverses crises régionales et internationales et que, pour cette raison, il pourrait assumer une fonction de médiateur dans ce dossier du Moyen‑Orient. Il a également salué l’engagement de l’État sénégalais en faveur du droit international, du multilatéralisme et de la souveraineté des peuples. « Je remercie le président de la République, le Premier ministre et l’ensemble du Gouvernement pour leurs positions fermes condamnant cette agression », a-t-il indiqué, ajoutant apprécier le message de condoléances du président Bassirou Diomaye Faye concernant le décès du guide suprême Ali Khamenei et la condamnation de ces actes.
Nécessité de promouvoir le droit international
Pour l’ambassadeur iranien, cet acte d’agression armée illustre la brutalité de la coalition israélo-américaine, qui, en dépit du cadre du droit international, bafoue notamment le paragraphe 4 de l’article 2 de la Charte des Nations unies. Il affirme que la riposte de l’Iran est un droit légal et légitime conformément à l’article 51 de la Charte. Il déplore toutefois l’inefficacité de l’organisation internationale à résoudre les crises dans le monde, en particulier à Gaza. Bien que le secrétaire général des Nations unies ait condamné cette agression, l’ONU semble incapable de freiner les violences menées par l’État d’Israël dans la région. Il ajoute que, si la situation venait à persister, des pays libres pourraient tourner le dos à l’ONU et envisager la création d’une nouvelle structure multilatérale fondée sur le respect de la paix et de la stabilité mondiales. En ce qui concerne les perspectives de paix, il se montre prudent: cette guerre a été imposée en violation de tous les principes du droit international; l’Iran avait accepté divers processus de négociations avant le conflit à Genève et à Oman. Désormais, l’objectif est de défendre le pays contre une agression qu’il estime illégale.