La cérémonie marquant la réception du porte-hélicoptères amphibie français « Mistral » lors d’une escale technique à Dakar, du 2 au 6 octobre 2026, s’est déroulée vendredi dernier au Môle 2 du port de Dakar. C’était l’occasion pour la France et le Sénégal de réaffirmer leur volonté de coopération stratégique renouvelée, fondée sur la confiance mutuelle et le respect de la souveraineté.
La présence du Mistral dans les eaux sénégalaises s’inscrit à un moment clé de la coopération militaire entre Dakar et Paris. Après la fin de la présence militaire permanente française sur le territoire sénégalais, les deux États cherchent désormais à encadrer leur relation défensive dans un cadre renouvelé, davantage centré sur les besoins et les intérêts que chacun définit. L’escale de ce navire de la Marine nationale illustre cette dynamique émergente. L’accueil du bâtiment, organisé à bord le vendredi 2 octobre au Port autonome de Dakar, en présence de l’ambassadrice de France Christine Fages et de hauts responsables militaires des deux pays, a permis de mettre en lumière les nouvelles orientations de la coopération de défense franco-sénégalaise.
Pour l’ambassadrice de France au Sénégal, l’escale du « Mistral » revêt une signification particulièrement symbolique dans le processus de reconstruction du partenariat militaire franco-sénégalaise, désormais axé selon elle sur des intérêts stratégiques communs.
« La France et le Sénégal s’engagent depuis près de deux ans dans une refondation profonde de leurs relations en matière militaire. Comme pour l’ensemble de leurs liens bilatéraux, cette refondation doit être directe et respectueuse des intérêts de chacun, transparente sur les objectifs, fidèle à la réalité des actes et des récits qui les entourent, et rigoureuse dans le suivi des engagements pris », a déclaré la diplomate. Cette nouvelle logique partenariale, selon elle, s’est concrétisée à partir de l’été 2025 à travers la « formation des militaires sénégalais en France, des militaires français au Sénégal, et aussi par l’échange d’officiers et d’instructeurs dans les écoles des deux pays ».
Dans ce cadre, le « Mistral » doit, pendant son séjour, devenir le cadre de plusieurs activités conjointes, notamment des exercices de tir, des échanges d’expériences et des rencontres avec les stagiaires de l’Institut de défense du Sénégal.
Pour le général Valentin Seiler, commandant pour l’Afrique, cette dynamique illustre une nouvelle coopération militaire fondée sur une approche « gagnant-gagnant ». Selon lui, la sécurité maritime occupe une place centrale face aux enjeux rencontrés par les deux États dans le golfe de Guinée. « Avec la Marine sénégalaise, nous travaillons autant que possible à limiter les trafics illicites, qu’il s’agisse du pillage des ressources halieutiques, de la pêche, des trafics en tout genre, de drogue, ou même des activités liées à la migration », a-t-il déclaré.