Concert à Dakar en février : Aïcha Traoré, chanteuse ivoirienne, promet du lourd

10 septembre 2025

La chanteuse ivoirienne Aïcha Traoré va fouler les scènes sénégalaises en février. Cette prestation s’inscrit dans le cadre d’un accord entre le Grand Théâtre Doudou Ndiaye Rose et le Palais de la culture Bernard Dadié d’Abidjan. En attendant que ce partenariat prenne forme, Aïcha Traoré annonce déjà un show d’envergure destiné aux mélomanes du Sénégal. Soukeina Koné, fille d’Alpha Blondy et autre voix ivoirienne, sera aussi de la partie, tout comme la Suégnalaise Chadia.

La chanteuse ivoirienne Aïcha Traoré est prête à enflammer le paysage musical sénégalais dès le mois de février. Le spectacle est prévu à une date qui reste à préciser et résulte d’un mécanisme de collaboration entre le Grand Théâtre de Dakar et le Palais de la culture Bernard Dadié. Les détails de cet accord seront finalisés avant la fin du mois et officialisés par une signature prochaine. En attendant, Aïcha Traoré promet une production exceptionnelle et se décrit comme une «bête de scène». Elle assure que le public sénégalais ne sera pas déçu, avec des instants de pur divertissement: «ça promet grave ! On va s’éclater», a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse tenue samedi dernier au Grand Théâtre. Aïcha Traoré, artiste ivoirienne, évolue dans des registres variés et chante en mandingue. «Je couvre tous les genres musicaux, un peu de reggae, de variété. L’essentiel, c’est le message, ce que l’on entend et ce qui peut éveiller les consciences. J’essaie donc d’explorer tout en livrant une musique de qualité», affirme-t-elle. À ses côtés se tenait Koné Dodo, directeur du Palais de la culture Bernard Dadié de Treichville, qui œuvre à l’essor de sa carrière. Véritable dénicheur de talents, il a déjà piloté des artistes ivoiriens comme Ismaïla Isaak et Alpha Blondy, dont la fille Soukeina Koné figure aussi sur la même scène à Dakar aux côtés de sa compatriote.

Artiste musicienne, auteure et interprète, Aïcha Traoré provient d’une famille de caste noble. La tradition mandingue associe traditionnellement le chant aux griots, et le choix d’une fille pour devenir chanteuse a été une épreuve au sein de sa famille, où la mère tient un commerce à Abidjan et le père travaille comme fonctionnaire. À l’âge de 10 ans, Aïcha fait ses premières expériences dans le chant. Comparée à des figures comme Oumou Sangaré, elle puise dans ces exemples une source de motivation pour viser des sommets dans la scène musicale africaine et au-delà. Grâce à sa persévérance, elle parvient à imposer sa présence malgré les obstacles qui se présentent. « Il y a eu des hauts et des bas, comme dans toute chose. Mais il faut persévérer, et si j’avais abandonné, je ne serais pas devant vous », a-t-elle confié. « Il existe de nombreux critères que j’évalue lorsqu’il faut collaborer avec un artiste. D’abord, il faut du charisme. Ensuite, il faut savoir chanter. Et enfin, la discipline », précise Koné, qui a dirigé quatre artistes et produit plus de 120 projets. Sous sa houlette, Aïcha Traoré a connu une redéfinition de sa carrière, en participant à de nombreux festivals tels que les Nuits atypiques de Koudougou (Burkina Faso), le Festival sur le Niger (Ségou-Mali), le Djéguélé festival (Boudiali-Côte d’Ivoire), Masa d’Abidjan, Afriky Mousso (Abidjan) et Génération avenir (Abidjan). En 2017, elle a sorti l’album Connaissance de Dieu. « Aïcha, c’est une grande chanteuse. On ne cherche pas à faire de la publicité, mais elle détient véritablement un talent immense », souligne Koné Dodo. Attirée par les chants religieux, qui constituent une forme de catharsis pour elle, Aïcha Traoré s’attaque désormais à la conquête du public sénégalais et des mélomanes en général.

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