À la suite des explications fournies par le ministère des Pêches et de l’Économie maritime en début de semaine, la Coalition nationale pour une pêche durable (Conaped) a diffusé, samedi 23 mai, sa réponse lors d’un point de presse. Elle soutient que plusieurs questions demeurent et exigent d’urgence une réévaluation de cette décision.
Les éclaircissements apportés par le ministère au sujet des licences de pêche démersale côtière ne parviennent pas à satisfaire la Conaped. Face aux journalistes, la Coalition réaffirme que la sécurité alimentaire et le développement économique du secteur halieutique ne peuvent être recherchés au détriment de la durabilité des ressources marines. La Conaped appelle à une révision rapide de la décision d’octroyer quatre licences de pêche démersale côtière. Selon Malick Fall, chef de file de la Coalition, plusieurs points restent préoccupants.
Concernant l’argument du ministère selon lequel le Centre de recherche océanographique de Dakar-Thiaroye (CRODT) aurait identifié un potentiel exploitable justifiant l’octroi de nouvelles licences, la Conaped déclare qu’il s’agit d’une interprétation partielle et sélective des avis du CRODT. « Le rapport scientifique insiste explicitement sur la nécessité d’une extrême prudence dans l’exploitation de ces ressources », précise Malick Fall, qui ajoute que le CRODT recommande également un suivi scientifique strict, un contrôle rigoureux des débarquements et des mesures d’accompagnement renforcées.
La Conaped juge peu convaincante la justification fondée sur la sécurité alimentaire pour remettre en cause le gel des licences instauré depuis 2006. « Les volumes évoqués restent relativement faibles (2 921 tonnes), au regard des besoins réels du pays et des quantités déjà débarquées par la pêche artisanale (300 000 tonnes) », souligne Malick Fall. Selon les membres de la Conaped, la sécurité alimentaire du Sénégal repose principalement sur les petits pélagiques et non sur les espèces démersales ciblées par ces licences. Par ailleurs, la Coalition craint que l’entrée de nouveaux chalutiers dans la pêcherie n’aggrave la pression sur plusieurs espèces déjà surexploitées, telles que le mérou (Thiof), le poulpe ou certaines espèces de crevettes et de poissons démersaux côtiers.
Face à l’absence de garanties suffisantes (quotas par espèce, mécanismes de fermeture des pêcheries en cas de dépassement des seuils recommandés) pour prévenir la surexploitation, la Conaped réaffirme que cette mesure est en contradiction avec les engagements en faveur de la durabilité.