Coumba Ba Vasconserve pilote Break Time & Co, la première agence dakaroise dédiée à la Qualité de Vie au Travail (QVT), à la gestion du stress et au bien-être en entreprise. Elle conçoit des programmes immersifs et intervient directement sur site pour ranimer l’engagement, renforcer la performance des équipes et prévenir l’épuisement professionnel.
Cette femme qui a choisi de consacrer sa vie au bien-être en milieu professionnel a entamé ce chemin après une expérience douloureuse. Elle se remémore une collègue avec qui elle partageait presque tout au quotidien: les déjeuners, les échanges, les éclats de rire. Elles se connaissaient bien, ou du moins elle le pensait.
Cependant, sans s’en apercevoir, elle la voyait se métamorphoser peu à peu. Cette personne arrivait de plus en plus tard au bureau, se nourrissait peu, souriait moins, annulait les activités qui lui tenaient à cœur. Physiquement présente, elle semblait progressivement s’effacer. À l’époque, elle n’avait pas encore compris ce que ces signes révélaient. Aujourd’hui, elle sait qu’il s’agissait d’un burn-out.
Puis, un matin, la chaise de cette collègue est restée vide. Elle n’est jamais revenue. Cet événement a marqué un tournant décisif dans la vie de Coumba. « Dès lors, j’ai choisi de me rapprocher davantage des salariés, de travailler au plus près de l’humain en intégrant un service dédié à la qualité de vie au travail », raconte-t-elle, les souvenirs encore frais.
Faire du bien-être en milieu professionnel une vocation
« C’est dans cette nouvelle mission que j’ai réellement pris connaissance de ce que traversent les équipes : les douleurs silencieuses, les difficultés cachées, les souffrances que beaucoup endurent sans jamais rien dire. De cette prise de conscience est née Break Time & Co, avec les premières séances en 2022 », raconte-t-elle, fière. Pour la fondatrice, Break Time, c’est le temps d’une pause. Ce moment précieux où l’on s’arrête pour mieux repartir.
Depuis sa création, l’agence suit une méthode bien rodée pour accompagner les entreprises. « À notre arrivée, nous commençons par nous asseoir avec les équipes déjà en place. Les responsables QVT, les services RH, la médecine du travail, les référents bien-être. Ces personnes détiennent une richesse précieuse : elles connaissent leurs salariés. Elles savent quelle est la température du lieu. Elles savent ce qui se dit et ce qui ne se dit pas », explique Coumba Ba Vasconserve. Car, ajoute-t-elle, les tensions d’un commercial en rendez-vous téléphonique ne sont pas celles d’un ingénieur devant un écran ni d’un agent sur le terrain.
Une approche novatrice
Le service phare de Break Time & Co est le massage assis professionnel, que Coumba Ba présente comme « une avancée clé au service de la prévention en entreprise ». Il s’agit d’un protocole élaboré avec un kinésithérapeute et déployé directement sur les lieux de travail. Les praticiennes se déplacent avec une chaise ergonomique pour des séances de 15 à 20 minutes, réalisées au bureau.
« Ce n’est pas du confort. C’est de la prévention », insiste Coumba Ba, qui place la santé des salariés au cœur de son approche.
Cette approche vise les troubles musculosquelettiques (TMS), première maladie professionnelle en entreprise. Dos, nuque, épaules et poignets sont particulièrement concernés par ces douleurs silencieuses qui s’installent progressivement. « Les TMS épuisent et finissent parfois par immobiliser. Notre rôle, c’est d’intervenir avant que la douleur ne devienne une panne », explique la fondatrice.
L’offre est aussi complétée par des ateliers de gestion du stress, du coaching mental et des interventions d’experts partenaires. Pour Coumba Ba, « soulager le corps sans prendre en compte le mental, c’est ne faire que la moitié du travail ».
Un volet nutrition vient enrichir le dispositif, intégrant la phytothérapie et les savoirs locaux. « Nous avons en Afrique une richesse incroyable avec nos plantes, utilisées depuis des générations pour soulager et rééquilibrer », souligne-t-elle, tout en précisant que les tarifs de ces prestations se définissent selon plusieurs critères, notamment la taille de l’entreprise, le nombre de salariés concernés, la fréquence des interventions et les services choisis. « Nous ne cherchons pas à importer un modèle occidental, mais à construire une solution adaptée à notre réalité », conclut Coumba Ba.
Lire aussi : Santé mentale : Un plan stratégique pour lutter contre le burn-out (3/5)