Le Tribunal de grande instance de Tambacounda a examiné, ce jeudi 08 octobre 2026, une affaire impliquant cinq prévenus poursuivis pour des faits qualifiés d’actes contre-nature. Le parquet a requis sept ans d’emprisonnement ferme contre Cheikh Tidiane Diouf, présenté comme le principal mis en cause, et cinq ans contre les quatre autres prévenus. Le délibéré est fixé au 21 octobre.
TAMBACOUNDA- Tout est parti de l’interpellation de Mamadou Diop et de Cheikh Tidiane Diouf par le veilleur du lycée Mame Cheikh Mbaye, qui les aurait surpris en train de sortir des locaux techniques de l’établissement au milieu de la nuit. Il a alors alerté le censeur, qui a transmis l’affaire à la police. Selon les éléments présentés à l’audience, un examen médical pratiqué sur Mamadou Diop aurait été en mesure de révéler des traces d’un acte sexuel récent. Les deux hommes seraient passés par-dessus le mur du lycée afin d’accéder aux toilettes, puis auraient été appréhendés à la sortie. À la barre, Mamadou Diop a nié toute relation sexuelle avec Cheikh Tidiane Diouf, expliquant qu’il accompagnait simplement son ami qui cherchait à satisfaire un besoin pressant. L’analyse du téléphone de Cheikh Tidiane Diouf a ensuite conduit les enquêteurs vers les quatre autres suspects, qui avaient été repérés sur l’application Grindr. Cheikh Sy a reconnu avoir échangé avec Cheikh Tidiane Diouf sur cette plateforme et s’être envoyé des photos, tout en affirmant qu’ils ne s’étaient jamais rencontrés. Youssouf Fall a, pour sa part, reconnu une relation sexuelle avec un homme à Dakar dans le passé, tout en déclarant avoir ressenti des regrets. René Dacosta a également évoqué des rapports passés avec des hommes dans la capitale et soutenu avoir été attiré dans un piège par Cheikh Tidiane Diouf, qui lui aurait donné rendez-vous près du lycée. Youssouf Sall a nié avoir donné suite à une invitation d’ordre sexuel adressée par ce dernier. Pour le parquet, l’ensemble des éléments de l’enquête convergerait vers Cheikh Tidiane Diouf, dont les messages auraient révélé des propositions de rencontres adressées aux autres prévenus. Selon le ministère public, les faits et les déclarations recueillies constituaient le délit d’actes contre-nature. La défense a toutefois contesté cette lecture. L’avocat de René Dacosta a estimé qu’aucun élément matériel ne permettait d’établir l’infraction à l’encontre de son client et qu’il ne pouvait être condamné pour des faits anciens. L’avocat de Youssouf Fall a, lui, soutenu que les faits remontaient à 2024 et concernaient une période où son client était mineur, relevant selon lui de la compétence du tribunal pour enfants. Tous les avocats ont plaidé la relaxe des prévenus. Le tribunal rendra sa décision le 21 octobre.