Hier – nous étions alors en 1961 –, alors qu’il n’avait pas encore dépassé la trentaine, il livrait une œuvre majeure qui illumina les milieux littéraires et les esprits curieux, tout en résonnant auprès d’un lectorat large composé d’élèves et de lycéens. Dès lors, on évoqua l’ouvrage L’aventure ambiguë, qui sera primé l’année suivante par le Grand prix littéraire d’Afrique noire. (Cet échange a été conduit en 2023)
Aujourd’hui, âgé de quatre-vingt-dix ans, après une carrière riche et tournée en priorité vers le service public et l’État, puis une autre œuvre – Récit emblématique –, une fable qui scrute le heurt entre civilisations africaines et occidentales, Cheikh Hamidou Kane demeure cet esprit vif, avide d’apprentissages et de savoir, ouvert à l’altérité tout en restant fermement attaché à ses racines et ancré dans les valeurs intellectuelles et sociales d’autrefois, tout en étant attentif aux faits et évolutions du présent.
Son neveu, un autre Sénégalais réputé dans les lettres, El Hadji Hamidou Sall, résume ainsi ce patrimoine: « Son chemin intellectuel s’apparente à celui d’un auteur dont les honneurs littéraires ont été apportés plus qu’ils n’ont été pourchassés. »
Reconnaissons-le! Face à cet esprit aussi alerte qu’il l’est toujours, doué d’une capacité d’analyse à partir de ce que son oreille capte et ce que son regard scrute, on est souvent tenté – emporté par la beauté de sa modestie – de laisser de côté le questionnaire et de puiser, avec délice, dans la clarté de ses paroles. Puis l’on se rappelle… Il faut en effet saisir ses mots pour pouvoir les partager au mieux. « Verba volant, scripta manent » (les paroles s’envolent, les écrits restent).
Le Président de la République, Macky Sall, a pris la décision, le 18 janvier dernier, lors d’une séance du Conseil des ministres, de vous décerner, avec Aminata Sow Fall, à titre exceptionnel, hors compétition et pour l’ensemble de vos œuvres, « Le Grand Prix du Chef de l’État pour les Lettres ». Comment cette distinction vous inspire-t-elle ? Qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Je ressens une profonde gratitude envers le Chef de l’État, Protecteur des Arts, des Lettres et des Artistes. Cette distinction m’honore et m’élève au-delà des simples catégories humaines, me plaçant dans une perspective durable, au rang de la postérité. Je lui en suis reconnaissant !
Cette distinction me touche particulièrement, elle rejoint aussi ma famille et mes proches. Il faut être un homme d’honneur pour reconnaître et récompenser les siens, surtout lorsque ceux-ci appartiennent à une génération différente. Ce Grand prix vient consacrer mon travail ainsi que celui d’Aminata Sow Fall, pionnière des lettres sénégalaises, femme talentueuse et engagée. Pour un écrivain, n’est-ce pas la plus grande fierté de voir son œuvre célébrée dans son propre pays, par l’institution suprême de ce pays ?
Je reçois humblement cette distinction, mais avec joie et gratitude. Et j’espère qu’elle encouragera la jeune génération d’écrivains, de poètes, et de lecteurs, à poursuivre leur travail créatif afin de redorer l’éclat des lettres sénégalaises.
Vous êtes aussi le parrain de l’Université virtuelle du Sénégal. Quels enseignements, quels conseils pouvez-vous livrer à la génération actuelle, connectée au numérique, et qui semble si différente de la vôtre ?
Le Président m’a honoré en me nommant parrain de l’Université virtuelle du Sénégal. Cette décision m’a profondément touché et provoque en moi une émotion indicible; il est difficile d’exprimer toute la reconnaissance que suscite ce geste, dont la hauteur symbolique me dépasse.
Personne ne peut mesurer l’ampleur de ma joie, car associer mon nom à un lieu d’éducation et l’inscrire au fronton d’une université publique sénégalaise, c’est me confier à l’Histoire. Moi, simple citoyen sénégalais, originaire d’un petit village au bord du fleuve Sénégal, au cœur du pays que j’ai désigné comme le terroir des Diallobé.
À mon âge, plus que jamais, je suis convaincu que l’éducation est le moyen par lequel une nation sociabilise ses jeunes et les invite à prendre part au temps du monde. Cette conviction a irrigué mon œuvre et tout mon parcours, tant dans mes charges politiques que dans mes responsabilités administratives. L’expérience m’enseigne que c’est par le savoir que la société se libère et s’inscrit dans l’Histoire. À cet égard, pensez à « La Grande Royale », hantée par l’éducation et la quête du savoir, qui constituent les enjeux centraux de L’aventure ambiguë.
Que seraient Rome, la Grèce, l’Égypte sans la maîtrise du savoir au service d’une ambition civilisée et conquérante ? C’est exactement le sens de l’injonction adressée à Samba Diallo: « Pars chez toi pour apprendre et surtout comprendre l’art de vaincre sans avoir raison ».
Je perçois, avec émotion, que pour Macky Sall, fin lecteur de L’aventure ambiguë qui cite fréquemment des passages dans ses allocutions, le but est de relier mon nom au savoir, à la lumière et à la formation de l’esprit critique de millions de jeunes Sénégalais qui constituent, d’une certaine manière, le prolongement et les héritiers de Samba Diallo et de Salif Ba, personnages centraux de mes deux livres. Par la générosité du Président Macky Sall et son geste profondément symbolique, je me sens relié à Cheikh Anta Diop, Gaston Berger, Assane Seck, Iba Der Thiam et Amadou Makhtar Mbow.
Je dois aussi dire que le monde évolue et connaît des bouleversements majeurs. Le numérique constitue sans doute l’une des plus grandes transformations de l’histoire humaine: il ouvre la porte à une civilisation nouvelle, appelle à une relecture des distances et multiplie les possibles. Même s’il n’a pas été au cœur de ma génération, j’ai vu et même bénéficié des avancées technologiques. Le progrès est irréversible; l’enjeu consiste à en faire bon usage.
Je réaffirme ma conviction selon laquelle il ne faut pas se mettre en marge du monde, et c’est dans une dynamique de révolution épistémologique que le Sénégal a pris place en lançant le projet de l’Uvs. Cette initiative offre à la jeunesse un outil pour son épanouissement moral et intellectuel, ainsi qu’un moyen de maîtriser les savoirs et de les subordonner à nos ambitions de transformation sociale.
Écrivain et homme d’État, imprégné des valeurs nationales, comment percevez-vous la situation socio-politique actuelle au Sénégal et quelles sont vos idées sur la manière de pratiquer la politique aujourd’hui ?
Je me tiens en retrait de la scène politique depuis plusieurs années, mais je suis attentif à ce qui se passe dans mon pays. Notre maître Léopold Sédar Senghor, premier Président du Sénégal, homme d’État averti et helléniste passionné, rappelait que la politiké est l’art de régir la cité. La politique est donc une activité humaine par excellence, qui convoque une dimension spirituelle consistant à bâtir une nation. Tout est politique si « politique » signifie lutter pour proposer et porter une vision du monde qui, partant d’un idéal, permet d’établir un véritable émancipateur.
Le Sénégal, fort de sa longue tradition érudite, demeure une terre de lettrés, un pays ayant donné des femmes et des hommes engagés pour leur nation et pour l’Afrique, car dès ses débuts il s’est inscrit dans cette tradition universaliste, marquée par les grands débats qui traversent l’humanité. On peut en attester par quelques exemples qui ont jalonné notre histoire récente: Blaise Diagne et François Carpot; Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia, puis Cheikh Anta Diop; Abdou Diouf et Abdoulaye Wade.
Le Sénégal est ainsi, depuis longtemps, un pays de controverses enrichissantes et de débats civilisés. Je sais ce que j’avance: le génie créateur du Sénégal a agi dans le monde entier, fruit d’une formation rigoureuse, d’une ouverture sans équivoque aux savoirs, d’une civilité éprouvée et d’un art de vivre qui sacralise le dialogue, l’échange vigoureux, l’esprit chevaleresque, la paix et la quête d’unité nationale à travers nos diverses composantes ethniques et religieuses. C’est un legs précieux qu’il nous faut préserver, développer et transmettre aux générations futures.
Au Sénégal, plusieurs générations se voient engager en politique avec l’objectif constant de préserver cette tradition de dialogue et de concertation. Il y a quelques années, lors d’une cérémonie de présentation de L’Occident ambigu, le livre qui a suivi L’aventure ambiguë et qui a été inspiré par mon neveu Hamidou Sall, j’ai pris la parole en présence du Chef de l’État, et j’ai évoqué, en lisant Un long chemin vers la liberté de Nelson Mandela, la description de la manière dont les problèmes qui pouvaient diviser la communauté Xhosa étaient gérés au sein de la grande famille par la palabre constructive et le consensus, en présence des médiateurs sociaux traditionnels. En lisant ces lignes, bien loin de l’Afrique du Sud et pourtant des années-lumière de distance, j’ai cru revivre, dans ma mémoire d’enfance à Saldé dans l’île Morphil, la grande maison de mon arrière-grand-oncle Hamidou Abdoulaye Alpha Ciré Kane, qui m’a donné vie au personnage du chef des Diallobé.
En Afrique du Sud, la palabre, le dialogue et le consensus, héritage de l’Afrique traditionnelle, ont permis de substituer une gouvernance plus humaine à celle, brutale et ségrégationniste, qui prévalait sous l’apartheid. Puisque l’histoire peut servir à quelque chose, ma plus ardente aspiration est que les responsables politiques du continent et de notre pays, la jeunesse africaine et sénégalaise, continuent de privilégier le dialogue, le consensus et l’accord conciliant que leurs aînés ont cultivé.
Et je reste convaincu que, s’ils adoptent ces valeurs comme boussoles, ils seront outillés pour consolider nos acquis et pousser le Sénégal encore plus loin dans son dessein d’émergence et de progrès. C’est ce que signifie comprendre la politique et la mettre en œuvre pour bâtir un Sénégal nouveau dans une Afrique nouvelle à laquelle nous avons encore apporté notre modeste contribution, dans des temps qui me paraissent plus difficiles que ceux de nos aînés, alors que nous sortions de la nuit coloniale et que nous étions témoins des violences liées à la décolonisation.
Je précise tout cela parce que dans ma retraite, et surtout lorsque le temps libre s’allonge avec l’âge, j’écoute la radio ou je regarde la télévision, et il m’arrive d’entendre des discours qui me semblent étrangers. À mon âge, je reste lucide et ouvert à l’idée que les mœurs politiques peuvent évoluer, car un peuple change et adopte de nouvelles pratiques; toutefois, je sais aussi que notre pays porte des valeurs profondément ancrées qui l’aideront à faire face.
L’évocation de votre nom nous renvoie à votre œuvre majeure : « L’aventure ambiguë », qui vous a valu « Le Grand prix littéraire d’Afrique noire ». Pourriez-vous nous en dire davantage sur cette publication qui résonne à travers le temps ? En avez-vous retiré une forme de satisfaction en tant qu’écrivain ? Et en tant qu’homme d’État, qu’est-ce qui vous a apporté le plus de joie ?
L’aventure ambiguë est une œuvre de jeunesse. Je poursuivais alors mes études de philosophie à la Sorbonne et me préparais à ma future fonction d’Administrateur civil à l’École nationale de la France d’Outre-Mer (ndlr : Enfom) et, pour occuper mes temps libres, je consignais mes souvenirs et réflexions sur un carnet. Ce qui donnera L’aventure ambiguë.
Ce livre porte une empreinte autobiographique évidente. Samba Diallo, c’est moi, mais aussi chacun de ceux qui, comme moi, ont quitté l’école traditionnelle pour l’école occidentale, du foyer ardent aux bancs des lycées et collèges, puis vers les institutions universitaires d’ici ou d’ailleurs. C’est le passage de la tradition à la modernité, même si, en y repensant aujourd’hui, je constate que nos anciennes coutumes possédaient une modernité étonnante.
Voir ce livre connaître un tel succès en Afrique et au-delà, toucher des élèves et des étudiants du monde entier; être traduit en des dizaines de langues, c’est quelque chose qui m’a profondément marqué. Me retrouver à Istanbul et entendre des Turcs me dire que ce que j’ai écrit leur parle aussi, cela m’a touché au plus haut point.
Des joies immenses, mais aussi des déceptions en tant qu’homme politique. Comme vous le savez, j’ai achevé mes études au moment des doutes qui accompagnèrent les indépendances. J’ai eu la chance d’être au tout début du partenariat Senghor-Dia, aux premières heures de l’indépendance. Mais lorsque ces deux figures que j’estimais profondément complémentaires se sont éloignées, la tristesse m’a étreint et demeure en moi aujourd’hui encore. Je me demande souvent comment aurait évolué notre Sénégal si ce couple avait pu rester uni durant les deux décennies qui ont suivi l’indépendance. Leur complémentarité était une force. »,
Léopold Sédar Senghor était un homme politique habile, fort d’une expérience parlementaire et d’un passage ministériel sous la IVe République française; c’était aussi un professeur soucieux d’éducation et de formation. Mamadou Dia était un économiste engagé dans la transformation des structures héritées de la période coloniale pour insuffler une modernité, rompre avec l’économie de traite et impulser un nouveau cap en matière de développement et de planification. Leur séparation a constitué une perte douloureuse pour le Sénégal.
Votre deuxième ouvrage « Les gardiens du temple » s’inscrit-il dans la même veine que le premier ?
Comme vous le savez, je suis diplômé de l’Enfom et, parallèlement, philosophe de formation. J’ai mené ces deux parcours de front. C’est à Paris, durant mes années d’études, que j’ai rédigé L’aventure ambiguë.
De retour au Sénégal, très vite, mes responsabilités politiques et ministérielles dans un pays nouvellement indépendant m’ont absorbé; j’étais jeune et enthousiaste, entouré de camarades tels Babacar Bâ, Christian Valantin, Daniel Cabou, Abdou Diouf. Aux côtés de Senghor et Dia, nous avons fourni des efforts considérables pour construire notre État naissant.
Puis est venue la crise de 1962, qui m’a conduit à quitter le Sénégal pour rejoindre le système des Nations Unies. Le travail y était tout aussi exigeant et m’imposait de nombreux déplacements. Je n’avais pas beaucoup de temps pour écrire. Heureusement, je lisais beaucoup lors de mes déplacements. Puis j’ai ressenti le besoin d’écrire, de poursuivre ce que j’avais commencé à la Cité Universitaire du Boulevard Jourdan, à Paris.
C’est ainsi que, peu à peu, est né mon second livre Les gardiens du temple, où Samba Diallo, le jeune philosophe que j’étais, devient Salif Ba, l’Administrateur civil confronté aux responsabilités que j’ai assumées par la suite. Là encore, c’est une œuvre mûrie par une forte dimension autobiographique.
Quel regard portez-vous sur le paysage éditorial sénégalais actuel ?
Les Sénégalais écrivent comme jamais. Les maisons d’édition se multiplient et la création contemporaine est d’une vitalité remarquable. Le secteur du livre se développe grâce à l’ingéniosité des jeunes et aux avancées technologiques.
Notre pays continue d’accumuler des talents, notre génie créateur rayonne dans le monde entier. Mohamed Mbougar Sarr, petit-fils et cousin sérère, a reçu en 2021 le prestigieux Prix Goncourt à un âge très jeune, démontrant que la valeur ne dépend pas de l’ancienneté. Marie Ndiaye, d’origine sénégalaise, a aussi reçu cette distinction, il y a quelque temps. Boubacar Boris Diop a obtenu le Prix Neustadt. David Diop, auteur et enseignant sénégalais établi en France, a été honoré par le Booker Prize.
Les distinctions se multiplient, témoignages de la virtuosité du peuple et de la vitalité de sa pensée littéraire. Il serait utile d’accompagner davantage les jeunes talents, les mettre en lumière et les soutenir, car parmi eux se cachent des perles qui démontrent que le Sénégal fera toujours et encore rayonner la littérature.
Y a-t-il une œuvre qui vous a particulièrement marqué ? Si oui, laquelle ?
À l’approche de mes vingt ans, j’ai découvert Le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire. Pour ma génération, ce texte avait la force d’un hymne pour le peuple noir. Ainsi, l’œuvre qui m’a le plus marqué demeure Le Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire, que j’ai eu l’occasion de découvrir durant mes années à la Sorbonne et à l’Enfom. Césaire était l’ami de Senghor, qui enseignait aussi à l’Enfom, où j’ai suivi ma formation.
Des regrets, avez-vous éprouvés, ou pourrait-on dire quelle a été votre plus grande déception ?
Nous vivons dans un monde où la lecture se fait plus rare, dominée par les technologies de l’information et de la communication. Le livre a perdu une partie de son aura d’antan et la jeunesse est fortement connectée au numérique.
Il y a quelques années, en y pensant, j’ai décidé de travailler avec des spécialistes pour marier l’art d’écrire et celui du dessin. L’objectif était d’offrir aux nouvelles générations une fresque illustrée de l’histoire de notre zone soudano-sahélienne, sous la forme d’une bande dessinée. J’étais convaincu qu’avec ces experts, je pourrais raconter l’histoire des grands empires africains, présenter en détail la Charte de Kurukan Fuga, contemporaine de la Magna Carta anglaise, exposer l’Égypte, le Soudan, la Nubie, et mettre en lumière la résistance héroïque des peuples noirs et leur apport inestimable à ce que l’on chante parfois comme la « Civilisation de l’Universel », chère à Senghor.
Je souhaitais m’inscrire dans l’air du temps et, par ce biais, poursuivre l’enseignement de nos savoirs endogènes auprès des jeunes, plutôt que de les laisser s’égarer sur les grandes autoroutes des technologies récentes qui pourraient leur apporter des choses étrangères et, sans discernement, leur nuire.
Voilà mon grand regret: ne pas avoir eu le temps de mener ce projet à son terme et de le mener à bien.
Comment percevez-vous le Sénégal d’aujourd’hui, plus de soixante années après l’indépendance ? Les années à venir vous inspirent-elles de l’espoir, ou non ?
Le pays a profondément évolué. Il n’est plus celui de ma jeunesse ni celui où j’exerçais des responsabilités. Une autre génération a pris le relais et poursuit le travail d’édification nationale. Les graines ont germé, les fleurs ont fleuri et les fruits commencent à mûrir. C’est ainsi que toute nation avance dans l’Histoire, par la transmission des valeurs, des rêves et des pratiques dans un esprit patriotique et républicain qui privilégie l’intérêt général au détriment des passions particulières.
Sur le plan économique, le paysage a connu des évolutions notables. Nous sommes à l’aube des pays émergents. Sur le plan politique, la démocratie s’est renforcée et la compétition électorale demeure un cadre, alors que d’autres lieux connaissent des récidives de coups d’État. Le Sénégal est une nation unie et plurielle, modèle mondial face à la résurgence des tensions identitaires. Malgré les bouleversements actuels, nos institutions républicaines tiennent et la promesse fondatrice des pères de la nation demeure intacte.
J’ai une grande confiance dans l’avenir car notre pays bénéficie d’un leadership engagé et d’une volonté affirmée de progrès économique ancré dans l’ancrage démocratique et l’unité nationale. Notre jeunesse, majoritaire et avide de souveraineté, de dignité et de réussite économique, constitue notre atout principal. Nous disposons d’institutions suffisamment solides pour garantir une compétition politique conforme aux normes qui préservent la paix et la stabilité. Nous sommes au cœur d’une Afrique qui se libère du poids du passé colonial, convaincue de son potentiel économique et de sa force spirituelle, et dont la vitalité des jeunes demeure notre premier levier.
Et pour conclure, je tiens à saluer avec enthousiasme la vision et l’action du président Macky Sall, qui se bat sans relâche pour une réforme de la gouvernance mondiale afin que l’Afrique y occupe une place juste et légitime.
Entretien réalisé par : Yaxam C.N. MBAYE & El Hadji Massiga FAYE