La baisse des recettes publiques, l’augmentation des dépenses et le poids des arriérés de paiement compliquent l’équation budgétaire de l’État. Face à ces contraintes, Cheikh Diba, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, défend une approche centrée sur la maîtrise des dépenses et la mobilisation de ressources sur le marché financier régional.
« Nous avions l’option de laisser les dépenses s’envoler. Toutefois, une telle perspective n’aurait pas de sens au regard du travail mené ces deux dernières années, travail qui a permis de stabiliser les finances, les rendre plus cohérentes et renforcer la confiance dans l’exécution budgétaire, dans la gestion et dans le pilotage », a-t-il déclaré.
Parmi les éléments qui pèsent sur les finances publiques figure la flambée des prix du pétrole. Selon le ministre, le baril était initialement évalué à 64 dollars dans les hypothèses budgétaires, avant de franchir le seuil des 170 dollars à partir du 28 février. Cette évolution a accru les pressions sur les dépenses, en particulier celles relatives aux subventions dans le secteur de l’énergie.
À cette contrainte s’ajoute la baisse des recettes. Cheikh Diba évoque une régression de 340,3 milliards de francs CFA dans le cadre du projet de loi de finances rectificative, qu’il lie principalement aux contre-performances observées dans la mise en œuvre du plan de relance économique et sociale.
Le règlement des arriérés de paiement constitue également un enjeu majeur. Le ministre indique qu’il reste 1 956 milliards de francs CFA d’arriérés à apurer, selon les chiffres qu’il a présentés. Il souligne que leur prise en charge est essentielle pour permettre aux entreprises concernées de relancer leurs activités, de poursuivre leurs chantiers et de contribuer à la dynamique économique.
« Si nous ne prenions aucune mesure concernant le traitement de la dette, il serait extrêmement difficile de répondre à ces besoins de financement », a-t-il averti.
Pour mobiliser les ressources nécessaires, le gouvernement entend privilégier le marché financier régional plutôt que de recourir davantage à des financements en devises, dans un contexte marqué par les contraintes d’endettement. Cette orientation vise à couvrir les besoins de financement de l’État tout en préservant les équilibres budgétaires.
Au-delà des difficultés financières, Cheikh Diba met en garde contre les conséquences d’un éventuel rejet du projet de loi de finances. « Si ce projet de loi de finances n’est pas justement validé, cela pose un problème de crédibilité globale au Sénégal », a-t-il affirmé, en évoquant les attentes de la population et la confiance des partenaires internationaux.