Chaque année, à l’approche de la rentrée scolaire, un phénomène bien connu refait surface dans le système éducatif : le transfert des élèves d’un établissement à un autre. Ce mouvement, motivé par diverses raisons, concerne un grand nombre de parents. Derrière ce qui devrait être une simple formalité administrative, se cache pourtant un véritable saut d’obstacles pour les parents.
Il est des périodes dans l’année scolaire où les établissements, pourtant plongés dans le calme des vacances, retrouvent une effervescence particulière. C’est le cas en cette veille de rentrée scolaire, lorsque les familles, poussées par des impératifs parfois académiques, sociaux ou financiers, entament les démarches pour le transfert de leurs enfants vers d’autres établissements. Un choix qui, loin d’être anodin, les plonge dans un labyrinthe où chaque étape compte.
Au Collège John Fitzgerald Kennedy, au cœur de Dakar, dans le bâtiment administratif niché au fond de la cour, l’ambiance est tout autre. Dans la salle des professeurs, le surveillant général, M. Sidibé, reçoit parents et élèves venus pour diverses démarches. En cette période de l’année, explique-t-il, les demandes de transfert se multiplient, surtout à l’approche de l’ouverture des classes. Pour M. Sidibé, ces transferts sont encadrés par des textes bien précis. « Si un élève souhaite quitter un établissement public pour un autre établissement, il doit d’abord s’informer auprès de l’école d’accueil pour savoir si une place est disponible.
Si la réponse est positive, il retourne dans son école d’origine pour demander les documents de transfert qu’il faudra remplir et faire signer. Ensuite, le parent doit se rendre à la police pour faire légaliser la signature, avant de se présenter à l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) d’origine pour obtenir un avis favorable », explique-t-il. Il précise également que les documents de transfert doivent être établis en quatre exemplaires : un pour l’école d’origine, un pour l’école d’accueil, un autre pour l’Inspection de l’éducation et de la formation (Ief) d’origine et un dernier pour l’Ief d’accueil. Avec un ton rassurant, parfois teinté de fierté, il affirme que le Cem Kennedy n’accepte aucun élève venant d’une autre école sans la moyenne requise fixée à 9,50, même si des places sont disponibles.
Entre démarches administratives et exigences académiques
Un peu plus loin, au quartier de Fass, se dresse le Cours privé catholique Anne Marie Javouhey (Amj). Dès l’entrée, les stigmates de l’hivernage sautent aux yeux. Au milieu des pots de fleurs qui décorent le hall, un groupe de vigiles assure la sécurité et oriente les visiteurs. Devant le bureau de la directrice, Sœur Rosalie Gning, une longue file d’attente s’étire. Chacun attend patiemment son tour, guettant la sortie de celui ou celle qui est à l’intérieur. D’une voix posée et assurée, elle confie qu’en cette période, l’établissement enregistre un nombre élevé de demandes d’entrée et de sortie. Toutefois, dit-elle, les demandes d’admission surpassent largement les départs, en raison de la notoriété de l’école.
Selon Sœur Rosalie, les demandes de transfert pour rejoindre l’établissement débutent dès le mois de juin. Le seul impératif, c’est que l’élève intéressé doit obligatoirement y suivre les cours de vacances, une manière de l’évaluer et de l’imprégner de l’environnement de l’école. « Les nouveaux élèves doivent remplir une fiche de renseignement qui recueille toutes les informations sur le parent, notamment la filiation, et sur l’élève lui-même. Ces informations nous permettent de prendre nos précautions si l’élève souffre d’une quelconque maladie », a-t-elle indiquant, précisant que le dossier doit comporter le bulletin de notes, deux extraits de naissance, un certificat de scolarité et deux photos d’identité.
À quelques encablures d’Anne Marie Javouhey, se trouve le lycée technique commercial Maurice Delafosse, situé au quartier de Gueule tapée, près du canal 4. Dans cet établissement, seuls les élèves souhaitant suivre la série Sciences et technologies de l’économie et de la gestion (Steg) sont orientés après l’obtention du Brevet de fin d’études moyennes (Bfem). L’intendant du lycée, Baye Moussé Faye, se charge d’expliquer la procédure de transfert. « La demande de transfert et la lettre d’acceptation doivent toutes deux être envoyées à la Direction des examens et concours (Dexco) qui a le dernier mot », précise-t-il.
Boubacar Diallo, parent d’élève et maître tailleur au marché Hlm, soutient que les transferts scolaires relèvent de plusieurs facteurs. En cette période de vacances, explique-t-il, nombreux sont les parents qui en profitent pour déménager, comme ce fut son cas l’année dernière. Les démarches à accomplir, soutient-il, sont multiples et exigent rigueur et patience. « Il faut d’abord se rendre à l’école d’origine pour entamer les procédures, puis à l’école d’accueil pour s’assurer qu’une place est disponible, sans oublier le passage obligé des Ief. Un circuit administratif qui n’épargne aucun parent dont l’enfant prétend à un transfert.