La capitale du Sénégal se transforme, cette semaine, en plaque tournante des initiatives de la Cedeao visant à accélérer l’intégration économique régionale. Les chiffres démontrent que les échanges à l’intérieur de la zone ne représentent qu’une fraction du commerce total de la région, autour de 20 %.
Du 22 au 26 juin, Dakar devient le rendez-vous incontournable pour l’intégration régionale ouest-africaine. La Cedeao y programme des échanges autour de renforcements des systèmes de résilience dans le domaine agricole. L’événement offrira également une tribune pour aborder les questions de métrologie et les infrastructures vétérinaires en Afrique de l’Ouest. Trois temps forts rythmeront la semaine : un atelier de consultation entre acteurs pour modeler la stratégie régionale de stockage de la Cedeao, la 11e Assemblée générale de l’Ecomet (Comité de métrologie de la Cedeao), et la remise de matériels et de consommables au laboratoire de l’École de médecine vétérinaire.
L’ouverture officielle de ces activités, lundi 22 juin, s’est faite en présence de Seydina Alioune Ndiaye, secrétaire général du département de l’Industrie et du Commerce, représentant le ministre. Il a mis en avant l’importance de ces rencontres pour assurer une coordination efficace des actions publiques et leur aboutissement concret. Il a rappelé que, « les échanges intra-régionaux ne représentent qu’environ 20 % du commerce total de la région ». « Cette semaine revêt une importance particulière : elle nous permet de dresser le bilan des avancées, d’écouter les bénéficiaires et leurs retours, et d’envisager de nouvelles propositions », a-t-il ajouté.
Selon lui, cette rencontre, initiée par la Cedeao, constitue une opportunité pour les pays de la sous-région de réfléchir à l’autosuffisance alimentaire et au renforcement du commerce afin de réduire les dépendances extérieures. Il a aussi rappelé l’existence d’un protocole de libéralisation qui vise à faciliter la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes au sein de la Cedeao, tout en déplorant la persistance d’un ensemble de barrières. « Nous échangeons davantage avec des partenaires d’autres continents qu’entre nous », a-t-il déploré, évoquant les difficultés rencontrées lors de la pandémie de Covid-19 et d’autres crises.
Compétitivité des entreprises
Il a plaidé pour une conversion locale des ressources, une industrialisation plus soutenue et une meilleure valorisation du potentiel ouest-africain, qui bénéficie d’environ 400 millions d’habitants, de ressources hydriques abondantes et d’un ensoleillement quasi continu. Il a exhorté à puiser dans la « Vision Sénégal 2050 », qui privilégie la production et la transformation sur place afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et d’accroître la compétitivité des entreprises à l’échelle régionale. Par ailleurs, M. Ndiaye a souligné l’enjeu du stockage : sans infrastructures adaptées, la réduction des pertes après récolte reste hors de portée. Les équipements de stockage contribueront à stabiliser les marchés, offriront des revenus plus réguliers aux producteurs et favoriseront la création d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. L’Agence de régulation des marchés est en train de déployer de tels équipements dans les zones de production.
De son côté, Kanfitin Konlani, directeur exécutif de l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (représentant la Commission des affaires économiques de la Cedeao), a mis en exergue la 11e Assemblée générale de la métrologie. Cette réunion vise à faire le bilan des activités passées, évaluer les progrès réalisés et tracer de nouvelles perspectives pour renforcer les mesures, la qualité des produits et soutenir le développement industriel régional.
Ces initiatives témoignent de la volonté des États membres de la Cedeao de transformer leurs ambitions d’intégration en actions concrètes, au service des économies ouest-africaines.