Dans un communiqué, le Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF) a, à l’unanimité, rétabli l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) sur une cadence biannuelle.
Cette volte-face marque un changement par rapport à l’option d’un cycle quadriennal envisagée par l’instance dirigeante l’an passé.
La CAN retrouve ainsi son rythme traditionnel. Réuni ce jeudi, le Comité exécutif de la CAF a opté pour une organisation biennale de la compétition phare du football continental. Une décision qui intervient après les questionnements nés de la réforme du calendrier des compétitions africaines et du projet de création d’une Ligue des Nations.
Lors de la Conférence stratégique de la CAF, organisée au Cap-Vert du 7 au 9 octobre 2026, le président de l’instance, Dr Patrice Motsepe, avait annoncé que le Comité exécutif réexaminerait la décision de faire passer la CAN à un cycle de quatre ans.
Ce réexamen s’explique notamment par les incertitudes entourant la mise en place de la nouvelle Ligue des Nations. Cette compétition panafricaine, à l’origine destinée à remplacer l’actuelle CAN et à se disputer tous les deux ans, exigerait plusieurs années avant de générer les ressources financières suffisantes pour soutenir le développement du football africain.
Dans son explication, Patrice Motsepe a souligné que le rétablissement d’un rythme biennal répondait à la nécessité de protéger et de faire progresser les intérêts du football continental. « La décision du Comité exécutif de la CAF de rétablir l’organisation de la CAN tous les deux ans vise à faire progresser, à protéger et à promouvoir les intérêts du football africain et des 54 associations membres de la CAF, ainsi que ceux des joueurs africains évoluant dans des clubs hors du continent », a-t-il déclaré.
Le dirigeant sud-africain a également insisté sur les enjeux financiers liés au projet de Ligue des Nations. Selon lui, les délais nécessaires pour que cette nouvelle compétition puisse produire des retombées économiques significatives représentaient une source d’inquiétude pour la CAF. « Nous étions aussi préoccupés par le nombre d’années requis avant que la nouvelle compétition panafricaine proposée, la Ligue des Nations, conçue pour être identique à l’actuelle CAN et se disputer tous les deux ans, puisse apporter les contributions financières substantielles et les retombées nécessaires au développement du football africain », a-t-il expliqué.
Le calendrier des prochaines éditions est désormais précisé. Après l’édition de 2027, qui se déroulera conjointement au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, la CAN aura lieu en 2028, puis en 2031 et en 2033. Un calendrier qui tient compte de la Coupe du monde 2030. Patrice Motsepe a en effet indiqué que, conformément à la tradition de la FIFA, les phases finales des compétitions continentales de sélections nationales pourraient ne pas être organisées durant l’année du Mondial.
Au-delà de ses enjeux sportifs et économiques, le président de la CAF a rappelé la dimension culturelle et fédératrice de la compétition. « La CAN est également une célébration du football africain, de la richesse et de la diversité des cultures, des coutumes et des traditions de notre continent. Elle rassemble les populations des 54 pays d’Afrique, la diaspora africaine et les peuples du monde entier », a-t-il souligné.
Pour Patrice Motsepe, ce retour à une périodicité de deux ans constitue ainsi un choix stratégique pour consolider les compétitions africaines et renforcer leur rayonnement international. Il estime que cette décision « contribuera également de manière significative au développement et à la croissance du football en Afrique ».