Camerène pleure la perte de deux jeunes, un deuil paisible après leur funérailles d’hier

4 juillet 2025

Les deux jeunes hommes qui ont perdu la vie après s’être jetés à la mer lors d’une opération de patrouille policière ont été enterrés hier au cimetière de Cambérène. Il s’agit de Thierno Bâ, né le 29 octobre 1998, et de Lamine Dieng, né le 3 avril 1996. Leur départ a été marqué par une forte présence de proches et de membres de la communauté, rassemblés dans une atmosphère empreinte de tristesse profonde et de grande émotion. Après la prière funéraire, leurs familles, acceptant la sentence divine, ont exprimé leur douleur avec résignation.

Un parent, parlant au nom de la famille, a déclaré : « C’étaient deux amis. Ils étaient ensemble au moment des faits. Ce qui leur est arrivé relève de la volonté de Dieu. Ils étaient l’espoir de leur famille. Nous sommes résignés. L’autopsie ainsi que les rapports officiels ont été établis. Il est impossible de revenir en arrière. Nous devons faire face. Nous remercions le Khalife général et sa famille. Nous suivons les recommandations de Baye Laye. » L’un des proches des défunts, Idrissa Laye, fils du regretté khalife Serigne Abdoulaye Thiaw Laye, a appelé la jeunesse à respecter la mémoire des morts tout en prônant la retenue.

« C’est une période difficile, mais les propos des parents apportent du réconfort. Respectons leur mémoire et prions pour le repos de leur âme. La meilleure manière de leur rendre hommage est de rester sereins. Il faut tout laisser tomber qui pourrait vous influencer ou manipuler. Que Dieu leur ouvre les portes du Paradis. Je vous invite à faire preuve de retenue. Préservons la paix, et évitons ceux qui cherchent à nous diviser ou à attiser la haine », a-t-il lancé à l’attention des jeunes de Cambérène.

Pendant une grande partie de la journée, la famille de l’un des jeunes décédés a publié un communiqué pour contester la version officielle de la Police nationale concernant cette affaire. « La famille de Thierno Bâ a appris avec regret le communiqué de la Police nationale évoquant une agression survenue à la plage de Cambérène dans la nuit du dimanche 22 juin, vers une heure du matin. Elle tient à affirmer que leur fils, Thierno Bâ, qui exerçait en tant que plombier avec sérieux et compétence, reconnu de tous, n’a en aucun cas été impliqué dans cette agression. »

Tout au long de la journée et jusque tard dans la soirée, les jeunes de Cambérène ont laissé exploser leur colère. Ils ont confronté la police pour dénoncer la mort de deux jeunes dont le corps a été retrouvé lors d’une opération de sauvetage à la plage BCEAO de Yoff. Il a été établi que ces deux victimes étaient originaires de Cambérène. Dans leur douleur, certains jeunes ont lancé des grenades lacrymogènes, ce qui a rendu l’atmosphère irrespirable, y compris dans les quartiers environnants, témoignant de la chaos ambiant orchestré par l’intervention policière pour tenter de rétablir l’ordre.

C’est une tragédie qui remonte à quelques jours, mais dont les circonstances exactes restent encore floues. Les manifestants accusent la police d’être responsable de la noyade de ces jeunes, qui aurait eu lieu suite à un contrôle effectué par les forces de sécurité. Selon eux, pour échapper à cette confrontation, les jeunes auraient sauté dans la mer. Leur version selon laquelle cette noyade serait la conséquence directe d’une intervention policière sert de fondement à leur colère et à la manifestation organisée en leur hommage.