L’accès aux services numériques demeure un défi pour les personnes en situation de handicap. Selon Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, affilié à l’ISOC Sénégal, les données relatives à l’accès à l’emploi, à l’accès aux services numériques publics et à l’accessibilité des plateformes en ligne ne permettent pas une égale dignité dans l’application du numérique.
« Bien que les chiffres fassent l’objet de discussions, on évalue qu’environ 1,7 million de personnes vivent avec un handicap. Parmi elles, environ 800 000 seraient en âge de travailler mais ne pourraient pas accéder à l’emploi, et 12 % des personnes handicapées déclareraient utiliser régulièrement un service numérique public », précise-t-il.
« À cet égard, un rapport du WCAG, l’organisme chargé de normaliser l’accessibilité des plateformes numériques, estime que 15 % de la population mondiale vivrait avec un handicap, tandis que 98 % des sites web publics à l’échelle mondiale ne respectent pas les standards d’accessibilité », souligne-t-il.
« Pour Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, cette situation est aggravée par l’absence de politiques publiques destinées à inclure les personnes en situation de handicap. « Malgré ces chiffres, il n’existe pas encore de politique claire qui permette d’intégrer ces personnes en situation de handicap », affirme-t-il.
De même, il déplore que le Sénégal, signataire depuis 2007 de la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, ne respecte pas ces conventions.
Une feuille de route avec tous les acteurs
Pour progresser dans l’inclusion de ce segment de la population dans les politiques numériques, le président d’ISOC Sénégal préconise l’implication de l’ensemble des parties prenantes afin de concevoir une feuille de route opérationnelle.
« Nous avons besoin des spécialistes du secteur, des personnes handicapées ainsi que des responsables politiques et administratifs. Avec l’apport de toutes ces personnes, il faut élaborer une feuille de route qui soit utilisable par les institutions, qui donne les directives », indique-t-il.
Face à cette réalité, l’enseignant-chercheur à l’ESP plaide pour l’élaboration de directives et l’établissement d’un cadre destiné à renforcer l’accessibilité numérique.
« Il faut que ces règles soient adoptées même par l’Assemblée nationale et deviennent des lois. Il est aussi nécessaire d’instaurer un cadre de discussion où ces directives pourront être mises en œuvre », affirme-t-il.