Depuis son arrivée à la présidence, Bassirou Diomaye Faye affirme son engagement en faveur de la culture, des arts et du patrimoine national. Le chef de l’État projette de faire du Sénégal un véritable hub culturel africain, tout en valorisant les industries créatives et le secteur du livre dans toutes ses dimensions.
L’histoire de l’accès à la souveraineté nationale par Bassirou Diomaye Faye est intimement reliée à la culture. Élu dès le premier tour le 24 mars 2024, le nouveau président prêtera serment le 2 avril. Sept mois après son entrée en fonction, il participera à une autre étape majeure : l’inauguration de la 15ᵉ Biennale de l’art africain contemporain en novembre 2024. À cette occasion, il a mis en relief le rôle de l’art en tant que levier de souveraineté intellectuelle et de valorisation de l’identité africaine. Sa visite de l’ancien Palais de Justice de Dakar a concrétisé son soutien aux 58 artistes internationaux exposés.
En tant que Premier Protecteur des Arts et des Lettres, le chef de l’État a voulu rassurer les professionnels du secteur sur sa détermination à favoriser le développement de l’économie culturelle afin de générer des emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, à exploiter le numérique comme levier de diffusion, de valorisation et d’opportunités économiques, et à renforcer la décentralisation culturelle pour garantir un accès équitable à la culture sur tout le territoire. Le président Diomaye a ainsi, dès son arrivée, affirmé son soutien à ce secteur tout en soulignant sa volonté de repositionner le Sénégal comme hub culturel africain. Un signal fort, mais surtout symbolique et diplomatique.
Forum national du livre et de la lecture, une première
Le soutien du Président de la République à ce secteur ne s’est pas limité à la parole. En 2025, il a mis en évidence l’importance stratégique du livre et de la lecture dans la construction du savoir, la préservation de la mémoire collective et la valorisation du patrimoine culturel national. C’est dans ce cadre que s’est tenu, en octobre, le premier Forum national du Livre et de la Lecture, une initiative inédite destinée à insuffler une nouvelle énergie au secteur. Ce forum vise à stimuler la création littéraire sénégalaise, à renforcer l’économie du livre et à mettre en valeur les œuvres produites dans les langues nationales.
Droits des artistes au cœur des préoccupations
Le chef de l’État ne s’est pas arrêté là. En Conseil des ministres, en janvier dernier, il a donné des instructions sur la mise en œuvre de la rémunération pour copie privée (RCP) afin de garantir la protection des artistes et la valorisation effective de leurs droits. Cette orientation marque un tournant « historique » dans la reconnaissance et la protection des droits des créateurs, auteurs, interprètes et producteurs du Sénégal, d’après la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (SODAV). Toujours fidèle à sa politique culturelle, en février dernier, le président Faye a demandé au gouvernement d’engager « d’urgence », avec l’implication des experts, les recherches nécessaires pour le retour effectif des biens culturels nationaux dans le patrimoine historique du Sénégal.
S’exprimant lors de la rencontre hebdomadaire du Conseil des ministres, il a, en outre, indiqué au gouvernement l’urgence de développer une stratégie d’élargissement et de préservation des sites, monuments historiques et biens nationaux classés, notamment les sept biens culturels inscrits au patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).
Dans cette dynamique, ce mois-ci, la salle de cinéma Canal Olympia Téranga, située à côté du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose et appartenant auparavant à la multinationale française Bolloré, a été rétrocédée à l’État du Sénégal, aux services du ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme.
Le chef de l’État a aussi demandé « l’actualisation consensuelle », avant la fin de l’année 2026, du répertoire et du classement des biens matériels et immuables relevant du patrimoine historique, ainsi que l’organisation d’un forum international sur le patrimoine historique du Sénégal, en décembre prochain, lors d’un Conseil des ministres.
Ministère qui ne fait plus qu’un
Dès son arrivée au pouvoir, le président Diomaye a nommé Khady Diene Gaye ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Un alliage qui était loin de ravir les acteurs culturels. Certains craignaient que l’idée de regrouper ces secteurs, bien que destinée à la coordination, puisse poser un problème, car chaque domaine est très large et les missions sont multiples, ce qui rend difficile une attention approfondie sur la culture ou sur le sport.
La décision a été prise de séparer la Culture des autres portefeuilles le 6 septembre 2025 lors d’un remaniement ministériel. La culture est désormais gérée dans un ministère dédié : le Ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, avec Amadou Ba aux commandes. Cela vise à donner plus de visibilité et de moyens à la culture. Il vise également à mieux mettre en œuvre les politiques culturelles, comme la préservation du patrimoine, le soutien aux industries créatives et l’organisation d’événements, sans compter un budget et des projets ciblés pour le secteur culturel.