Alors que la première année de mandat de Bassirou Diomaye Faye s’était distinguée par une série d’inaugurations régionales et la remise en état d’équipements essentiels, la seconde phase qui s’achève marque le déclenchement coordonné de vastes chantiers à l’échelle nationale.
Cette transition traduit une volonté affirmée de rééquilibrage du territoire et de consolidation des promesses gouvernementales. Pour l’année 2026, on annonce qu’elle sera « celle de la relance effective de l’investissement public » selon le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, et elle se présente sous le signe d’un volontarisme budgétaire avec plus de 716 milliards de FCFA mobilisés pour accélérer les projets d’infrastructures répartis sur l’ensemble du pays.
Modernisation du cadre économique : nouveaux codes et fiscalité
Pour soutenir l’investissement, le gouvernement a franchi une étape majeure en adoptant, en septembre 2025, le nouveau Code des investissements et le Code général des impôts. Ces textes structurants visent à proposer un cadre fiscal compétitif, clair et adapté aux ambitions d’industrialisation et de souveraineté économique du pays, renforçant ainsi l’attrait de l’environnement des affaires et facilitant la mise en œuvre des grands projets nationaux. Le nouveau Code des investissements, qui remplace celui de 2004, répond à la nécessité de s’adapter aux réalités d’une économie mondialisée. En ce sens, il introduit un régime fiscal incitatif, capable d’attirer davantage d’investisseurs tout en stimulant la production locale.
Budget 2026 : une mobilisation sans précédent pour les infrastructures
Le Projet de Loi de Finances 2026, présenté fin octobre 2025 sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, institue un programme ambitieux destiné à moderniser les infrastructures, à renforcer les réseaux routiers et à améliorer la connectivité entre les régions. Le ministère des Infrastructures, dont la mission principale est de réduire les lenteurs dans l’exécution des projets sectoriels, bénéficie d’un budget de 716 milliards FCFA dont 483,6 milliards sont consacrés aux routes et au ferroviaire, 155,2 milliards pour les bâtiments sociaux et administratifs et 8,5 milliards pour les infrastructures portuaires et aéroportuaires.
Chantiers structurants pour le désenclavement territorial
Plusieurs projets prioritaires ont été lancés ces derniers mois afin d’améliorer les échanges et de réduire les inégalités régionales. Le tracé Mékhé – Pékess -Thilmakha et la route Sandiara–Ndiaganiaw visent à désenclaver durablement les zones rurales et à faciliter les échanges commerciaux. La réhabilitation de la ligne ferroviaire Dakar-Kidira, avec une première phase Dakar–Tambacounda, symbolise le retour du transport ferroviaire comme élément central de la chaîne logistique nationale. La modernisation de l’aéroport de Ziguinchor, dont la livraison est attendue le 30 avril prochain, et la construction du nouveau pont de 1 280 mètres s’inscrivent dans la stratégie de transformation de la Casamance en un hub économique et touristique intégré, mieux relié au reste du pays et à l’espace régional CEDEAO.
Capital humain et développement social
Le gouvernement place le capital humain au cœur de sa stratégie de transformation. Plus de 40 milliards FCFA sont mobilisés pour la construction et la réhabilitation des universités, notamment Sine-Saloum, Amadou Mahtar Mbow, Assane Seck de Ziguinchor ainsi que les universités de Matam et du Sénégal oriental dont la livraison est attendue en octobre 2026. Le programme de résidences universitaires doté de 12,9 milliards FCFA vise à améliorer les conditions de vie et d’études de la jeunesse sénégalaise. Dans le secteur sanitaire, 60 milliards FCFA financeront la construction de 35 nouveaux centres de santé tandis que le Programme d’Urgence de Modernisation des Agglomérations et le Programme d’Urgence de Développement Communautaire recevront respectivement 5 et 4 milliards FCFA pour améliorer les conditions de vie en milieu rural. Ces initiatives traduisent la vision d’un développement économique indissociable du développement social.
Relance du corridor ferroviaire et compétitivité logistique
Le gouvernement réaffirme son engagement à mener à terme tous les chantiers inscrits dans la vision présidentielle en respectant le triptyque fondamental « coût–délai–qualité » comme signal fort adressé aux partenaires économiques et aux citoyens. Le programme 2026 prévoit la création de 2 400 kilomètres de routes neuves et la réhabilitation de 8 000 kilomètres de routes existantes dont 350 kilomètres de voirie urbaine, la relance du corridor ferroviaire Dakar–Tambacounda et l’extension de l’aéroport international Blaise-Diagne dont la capacité annuelle atteindra 10 millions de passagers. Sur le plan maritime, la réactivation du port d’Elinkine et l’achèvement des ports de Ndayane et Sendou illustrent la priorité accordée à la compétitivité logistique régionale.
Masterplan Sénégal 2025-2034 : un cap pour l’émergence durable
Adopté en octobre 2025, le Masterplan Sénégal 2025-2034 constitue désormais la boussole de la politique de développement du pays. Ce plan directeur ambitieux situe le Sénégal sur une trajectoire d’émergence durable à travers la transformation économique, le renforcement du capital humain, la transition écologique et la modernisation de la gouvernance publique. Structuré autour de quatre axes majeurs : croissance économique, capital humain et protection sociale, durabilité environnementale et gouvernance, il oriente la programmation des infrastructures et des grands chantiers, assurant leur cohérence avec la vision d’une économie émergente, inclusive et résiliente.