Le 22 septembre 2026, le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a enchaîné des cérémonies protocolaires et des entretiens privés à New York, lors de la première journée entière de sa participation à la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, qui se poursuit jusqu’au 28 septembre.
Après un passage par Washington puis Abu Dhabi, où il a eu des échanges avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et le chef d’État émirati, le chef de l’État sénégalais a commencé par prendre part à la cérémonie d’accueil des chefs d’État, chacun étant reçu individuellement par le secrétaire général Antonio Guterres et par la vicessecrétaire générale Amina Mohammed. Par la suite, il a assisté à l’ouverture des débats, dont le thème, « rétablir la confiance dans une organisation en pleine transformation », résonne particulièrement cette année, lors de cette session qui marque la fin du mandat de Guterres.
Une voix pour l’Afrique de l’Ouest
Cacant ses deux casquettes – chef d’État sénégalais et président en exercice de la CEDEAO – Bassirou Diomaye Faye est intervenu lors de la réunion de haut niveau consacrée au Pacte pour l’avenir, exactement deux ans après son adoption. Devant des représentants de la Namibie, de la Zambie, de l’Union africaine et de l’ONU, il a mis l’accent sur le financement du développement, rappelant que le déficit annuel nécessaire pour atteindre les Objectifs de développement durable s’élève à 4 000 milliards de dollars, alors que l’aide publique au développement a chuté de plus de 23 % en 2025.
Le Chef de l’État a dénoncé un système où « la majeure partie des ressources financières sert le service de la dette, dans des proportions exorbitantes, au détriment d’investissements essentiels » dans l’éducation, la santé et les infrastructures, appelant à une réforme de l’architecture financière mondiale et à une meilleure représentation des pays africains dans les instances de décision.
Cinq entretiens bilatéraux
La journée s’est poursuivie par une série de rencontres bilatérales :
-Avec le président roumain Nicușor Dan, les deux dirigeants évoquant soixante ans de coopération et convenant de relancer leur partenariat économique.
-Avec le président du Conseil européen António Costa, autour de dossiers concrets (énergie, santé, transports) mais aussi de questions sensibles comme la pêche et les migrations irrégulières.
-Avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine, invité à assister à l’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar le 31 octobre.
-Avec le président français Emmanuel Macron, autour des enjeux de sécurité internationale et de la prochaine élection du secrétaire général de l’ONU.
-Avec le président somalien Hassan Sheikh Mohamoud, sur les défis sécuritaires partagés entre la Corne de l’Afrique et le Sahel.
Trois axes se dégagent : un Sénégal parlant au nom de la sous-région ouest-africaine pour la paix et le financement du développement; des partenaires européens réaffirmant leur fidélité envers Dakar; et une diplomatie sénégalaise qui, entretien après entretien, privilégie le respect du droit international plutôt que le recours à la force.
La suite du séjour
Le déplacement prévoit que Bassirou Diomaye Faye participe encore, ce mercredi 23 septembre, au débat sur le droit au développement et qu’il rencontre le président finlandais Alexander Stubb, avant de s’adresser à son tour à l’Assemblée générale jeudi après-midi. Son retour à Dakar est prévu pour le vendredi 25 septembre.