Baïdy Agne : Le visionnaire qui transforme le capitalisme en Afrique

25 juin 2025

(SenePlus) – Anciennement formé en ingénierie, Baïdy Agne s’est rapidement imposé comme l’une des figures les plus influentes du monde des affaires sur le continent africain. Récemment, il a franchi une étape majeure dans sa carrière en étant nommé à la tête de Business Africa, la principale organisation représentant le secteur privé africain à l’échelle continentale. Cette nomination repositionne cet acteur clé, ardent défenseur d’un « capitalisme africain assumé », au cœur des préoccupations économiques majeures du continent.

Basée à Nairobi, Business Africa regroupe au total 41 institutions nationales de représentation des entreprises à travers tout le continent. Elle bénéficie d’une reconnaissance importante à l’international, notamment auprès de l’Union africaine, de l’Union européenne, des Nations unies et du G20, indique un magazine panafricain. Dans son nouveau rôle stratégique, Baïdy Agne aspire à « améliorer de façon durable le climat des affaires en Afrique, encourager l’intégration financière, accélérer la réalisation de partenariats publics-privés et promouvoir la paix sociale », tout en inscrivant ses actions dans les grandes transitions numériques, énergétiques et environnementales qui traversent le continent.

Le parcours de Baïdy Agne constitue une illustration parfaite de l’itinéraire typique d’une élite africaine façonnée à l’étranger mais profondément enracinée dans le contexte local. Diplômé en génie électrique de l’École supérieure d’ingénieurs de Marseille, détenteur d’une maîtrise en sciences physiques obtenue à l’Université Pierre-et-Marie-Curie, et titulaire également d’un MBA de l’Université Tulane en Louisiane, il a initialement exercé en tant qu’ingénieur avant de gravir progressivement les échelons pour devenir une figure centrale du patronat africain, comme le rapporte Jeune Afrique.

Depuis 2003, il occupe la présidence du Conseil national du patronat (CNP) du Sénégal, poste qu’il a profondément transformé. Sous sa direction, cette organisation s’est professionnalisée, notamment en renforçant sa participation au dialogue social et à la concertation économique. Parmi ses réalisations majeures figure la création du label RSE-CNP, qui incite les entreprises à adopter des critères de responsabilité sociale tels que la transparence, la formation continue, la sécurité au travail, l’inclusion et l’impact communautaire, précise le magazine.

Cette approche innovante lui a permis de devenir un interlocuteur incontournable pour les gouvernements sénégalais successifs, lui conférant le statut de véritable « Monsieur entreprises » du pays, comme le souligne Jeune Afrique.

En dehors de son engagement public, Baïdy Agne est également un entrepreneur cultivé. Il est à la tête ou détient des parts dans plusieurs sociétés sénégalaises : TVS, spécialisée dans le transport maritime et logistique ; I-Cons, œuvrant dans le BTP et l’ingénierie ; Ndar Energies, intervenant dans les services pétroliers, ainsi que diverses activités immobilières. Cette diversification sectorielle reflète sa vision d’un « capitalisme africain assumé, productif et enraciné », qu’il souhaite voir s’appuyer sur une préférence nationale intelligente dans la commande publique et sur les marchés stratégiques, indique son portrait.

Au-delà de ses engagements économiques, l’homme d’affaires investit aussi dans le domaine du sport. Il occupe la présidence de la Fédération sénégalaise de golf et est vice-président du Comité national olympique et sportif sénégalais. Il a notamment participé à l’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse 2026 à Dakar, ces premiers Jeux de cet envergure jamais tenus sur le sol africain. Pour lui, le sport est un vecteur très puissant d’influence, de cohésion nationale et un outil de diplomatie économique, affirme-t-il.

Une vision panafricaine teintée de réalités contestées

Se revendiquant comme un « panafricaniste économique », Baïdy Agne met en avant l’intégration économique comme une priorité essentielle de son mandat. Son ambition est de transformer les entreprises africaines en des moteurs clés de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), en facilitant la co-investissement et en renforçant la capacité d’exportation des petites et moyennes entreprises locales. Sa devise : « Ce qui profite à l’entreprise contribue à l’émergence de l’Afrique. »

Cependant, ses positions ne manquent pas de susciter des controverses ou des débats. À l’opposé du discours souverainiste partagé par certains acteurs, il affiche une attache ferme au franc CFA. Selon lui, « il faut être fiers d’avoir une monnaie stable, avec une inflation maîtrisée », comme il l’a affirmé récemment selon Jeune Afrique. Sur le plan des relations avec la France, il adopte une position modérée : « Au secteur privé, nous n’avons pas de problème. En revanche, il y a une volonté chez certains Africains de gagner plus en souveraineté… Peut-être qu’il serait judicieux de revoir la nature de nos relations », expliquait-il en 2023.

Perçu comme un observateur soucieux des défis futurs, Baïdy Agne alerte sur l’impact critique des technologies numériques sur le tissu économique. Il estime que « plus de 60% des entreprises en Afrique devront évoluer dans les dix à vingt prochaines années » pour faire face aux effets de l’intelligence artificielle, de la robotisation et de la digitalisation, qui bouleversent l’emploi et l’organisation des entreprises.

Pour faire face à ces enjeux, il préconise « une réforme urgente des systèmes éducatifs et l’élaboration d’une stratégie continentale axée sur le numérique, avec comme objectif l’adaptation des jeunes et des PME à ces nouvelles réalités », indique Jeune Afrique. Son profil international, qui lui permet « d’établir des réseaux à Abidjan, Addis-Abeba, Genève ou Dubaï », ainsi que sa capacité à faire entendre la voix des entrepreneurs africains dans des forums multilatéraux tels que l’OIT, l’OCDE, l’Union africaine ou la Banque africaine de développement, constituent des forces clés pour mener ce combat.

En conclusion, avec sa récente nomination à la tête de Business Africa, Baïdy Agne dispose d’une plateforme continentale pour concrétiser sa vision d’un capitalisme africain modernisé, intégré et tourné vers la technologie. Un défi de taille, dans un contexte où l’Afrique doit concevoir un modèle de développement économique qui lui est propre, en phase avec ses réalités et ses ambitions.