Ville hôte des Jeux olympiques de la jeunesse « Dakar 2026 » avec six disciplines installées sur le site balnéaire de la plage Ouest, Saly représente une manne financière et stratégique majeure. À la veille de l’ouverture, le directeur général de la Société d’aménagement et de promotion des côtes et zones touristiques du Sénégal (Sapco), Babacar Mbengue, fait le point sur les préparatifs du lieu, l’héritage attendu et l’ambition de transformer cet événement en un levier durable pour Saly et toute la Petite-Côte.
Entretien
Quelle place occupe la Sapco-Sénégal dans le dispositif national d’organisation des Joj « Dakar 2026 » ?
La Sapco-Sénégal occupe une position cruciale au sein du dispositif national, en alignement avec sa mission d’aménagement, de développement et de valorisation des destinations touristiques. Il convient de rappeler que notre engagement ne débute pas au dernier moment des préparatifs. Nous avons engagé des travaux avec les comités concernés dès l’initiative de candidature du Sénégal. Notre implication s’inscrit dans une dynamique de longue haleine, qui va de l’élaboration du dossier jusqu’à la préparation minutieuse des sites et jusqu’à l’accueil effectif des compétitions. Aujourd’hui, Saly est retenue comme ville hôte pour ces Jeux historiques. La mise à disposition du site de Saly Beach Ouest, où se déroulent six disciplines, représente une contribution tangible de la Sapco à leur organisation. Toutefois, notre ambition va au-delà d’un simple aménagement de site sportif. Nous voulons participer activement à la réussite des premiers Jeux Olympiques jamais organisés sur le continent et faire de cet événement un accélérateur de transformation pour Saly et l’ensemble de la Petite-Côte.
Comment s’articule votre partenariat avec le Cojoj dans la préparation et l’exploitation du site de Saly ?
Notre collaboration repose sur une logique de complémentarité et de concertation. Chaque acteur agit dans son domaine de compétence, afin d’assurer le bon déroulement des compétitions et d’offrir les meilleures conditions d’accueil aux athlètes et aux visiteurs. La Sapco apporte son expertise en aménagement et en gestion de son périmètre d’intervention. Le Cojoj supervise la préparation opérationnelle des compétitions, en liaison avec les fédérations sportives concernées. Le 10 août dernier, nous avons officiellement remis le site aux organisateurs, après des opérations soutenues de libération des emprises, de nettoyage et de tamisage du sable.
Je souhaite souligner que ce travail résulte d’un effort collectif. Nos équipes, en particulier la Direction de l’exploitation de Saly, ont œuvré en étroite collaboration avec le Cojoj, la Mairie de Saly et les services compétents. Cette expérience confirme une conviction simple: lorsqu’une vision commune, une coordination efficace et une répartition claire des responsabilités existent, des résultats concrets deviennent possibles.
Au-delà de la mise à disposition des infrastructures et des espaces touristiques, quelle est la contribution précise de la Sapco-Sénégal à la réussite de cet événement international ?
Il faut envisager notre apport dans une perspective continue. Notre implication a démarré dès la préparation du dossier de candidature du Sénégal. Elle s’est poursuivie par l’animation autour du site de Saly, sa préparation et les diverses opérations nécessaires à sa mise en service. Nous sommes ensuite entrés dans une phase plus opérationnelle, avec la libération des emprises, le nettoyage en profondeur de la plage, le tamisage du sable et la coordination avec les partenaires pour améliorer l’environnement d’accueil. Aujourd’hui, nous évoluons dans une logique d’accompagnement jusqu’au démarrage et au déroulement des compétitions, tout en respectant les responsabilités de chaque partie.
Pour moi, cet engagement illustre la capacité de la Sapco à accompagner de grands projets nationaux. Notre rôle ne se limite pas à l’aménagement d’espaces touristiques: il s’agit aussi de contribuer à leur valorisation et à leur intégration dans des dynamiques de développement plus larges.
À la veille de l’ouverture des Joj, la Sapco est-elle prête à accueillir les compétitions à Saly ?
Sur le volet directement assumé par notre organisme, l’essentiel des préparatifs a été mené à bien. Le site a été remis au Cojoj le 10 août, permettant aux organisateurs de poursuivre les installations et la plupart des essais finaux. Lors de ma visite du 25 octobre, j’ai observé des progrès notables et une mobilisation soutenue des équipes. Nous appréhendons cette ultime ligne droite avec une confiance mesurée et une vigilance accrue. Un événement d’une telle envergure nécessite une coordination permanente et une réactivité élevée. La Sapco demeure disponible pour apporter, en coopération avec les partenaires, tout soutien complémentaire relevant de ses compétences. Notre priorité est d’aider Saly à accueillir ces Jeux dans les meilleures conditions possibles.
Où en sont les travaux et les aménagements du site ? Reste-t-il des points à finaliser et, si oui, à quelle échéance seront-ils réglés ?
Pour ce qui relève directement de nos attributions, l’essentiel des préparatifs est terminé. Le site a été remis au Cojoj dès le 10 août, ce qui a permis aux organisateurs de poursuivre leurs installations et leurs derniers réglages. Lors de ma visite du 25 octobre, j’ai constaté des avancées significatives et une forte mobilisation des équipes. Nous abordons cette dernière phase avec assurance, mais aussi avec une vigilance soutenue. Un événement d’une telle ampleur exige une coordination continue et une grande réactivité. La Sapco est prête à apporter, avec les partenaires, tout soutien additionnel relevant de ses domaines de compétence. Notre objectif est que Saly puisse recevoir ces Jeux dans les meilleures conditions possibles.
Quels aménagements la Sapco a-t-elle réalisés sur la plage Ouest pour répondre aux exigences des fédérations sportives internationales ?
Notre intervention a principalement consisté à préparer le terrain afin de permettre l’installation des infrastructures sportives dans des conditions optimales. Cela a impliqué la libération des emprises, un nettoyage approfondi de la plage et un tamisage intensif du sable. Ces actions sont essentielles pour les disciplines pratiquées sur le sable telles que le beach-volley, le beach handball et la lutte sur plage. Le site accueille également des compétitions d’aviron de mer, de voile et de triathlon. Il faut rappeler que la conformité des installations spécialisées incombe aux organisateurs et aux fédérations sportives concernées; notre responsabilité était de rendre les espaces disponibles et de soigner l’environnement alentour. Le site a d’ailleurs déjà accueilli une compétition continentale de beach soccer, ce qui est une expérience encourageante pour la phase de préparation.
Quelles dispositions ont été prises en matière de propreté, de sécurité, de gestion des déchets et de préservation de l’environnement pour garantir un accueil optimal des athlètes, des délégations et des visiteurs ?
La propreté et la qualité du cadre de vie constituent des priorités pour la Sapco. Saly est une destination touristique dont l’attrait dépend fortement de l’entretien des lieux, de la qualité ambiante et du sentiment de sécurité ressenti par les visiteurs. En collaboration avec la Mairie de Saly et les services concernés, nous avons mené diverses actions de nettoyage, de dépoussiérage, de désencombrement, d’entretien de la végétation et d’embellissement des espaces publics. Nous avons aussi initié, dans le cadre de notre partenariat avec l’Agence nationale pour les énergies renouvelables, un programme d’installation de 195 lampadaires solaires le long d’un axe stratégique de la station.
Pour la sécurité des compétitions et la gestion des flux, nous travaillons en complémentarité avec le Cojoj et les autorités concernées, chacun dans son domaine. Mais il faut surtout souligner que ces efforts ne se limitent pas à une opération ponctuelle liée aux Jeux: l’objectif est de maintenir cette dynamique sur la durée. Saly doit rester propre, accueillante et attractive bien après le départ des délégations.
Que restera-t-il à Saly après les Joj en matière d’équipements sportifs, et qui en assurera l’entretien ?
Il faut répondre à cette question avec clairvoyance. Le succès d’un événement international ne dépend pas uniquement de la qualité de son organisation, mais aussi de ce qu’il laisse au territoire hôte. Il convient de distinguer les installations sportives temporaires, destinées aux besoins des compétitions, des aménagements qui peuvent améliorer durablement la station. L’avenir des équipements sportifs et les éventuelles modalités de réutilisation devront être discutés avec le Cojoj, les fédérations, les collectivités locales et les autorités compétentes. Il est préférable de ne pas prendre d’engagements avant que ces sujets aient été formellement définis.
Cependant, l’héritage peut déjà être envisagé sous plusieurs axes: l’amélioration du cadre de vie, les avancées en matière d’éclairage public, l’expérience acquise dans l’accueil d’un événement international et la visibilité accordée à Saly. Pour moi, l’enjeu majeur est de transformer cette expérience en acquis durables pour les populations, les acteurs économiques et l’ensemble de la destination.
Les clubs, les écoles et les jeunes de la Petite-Côte pourront-ils utiliser ces installations après les Jeux, et à quelles conditions ?
Ce serait une perspective particulièrement intéressante, car les Jeux Olympiques de la Jeunesse incarnent les valeurs de participation, de dépassement de soi et de développement du sport chez les jeunes. Nous souhaitons que cette dynamique stimule davantage de vocations sportives dans la Petite-Côte et encourage la pratique au sein des établissements scolaires et des clubs. Les conditions d’usage des installations après les compétitions devront toutefois être définies avec les structures qui en assurent la gestion et le maintien.
Au-delà des infrastructures, Saly possède des atouts considérables pour développer les disciplines sur le littoral, les activités nautiques et les événements sportifs. Nous pouvons coopérer avec les collectivités, les fédérations et les acteurs concernés pour concevoir des initiatives adaptées aux besoins de la jeunesse. Notre ambition est que les jeunes ne soient pas seulement spectateurs de cet épisode historique, mais qu’ils en tirent des perspectives concrètes pour leur avenir.
Comment la Sapco compte-t-elle assurer l’entretien et l’exploitation durable des aménagements réalisés à Saly après les Joj ?
Les Joj doivent devenir un moteur de modernisation durable de la gestion de la station. Nous devons tirer parti de cette dynamique pour renforcer nos méthodes de travail sur le long terme. Nous avons identifié quatre axes majeurs pour renouveler Saly: la sécurité, l’hygiène et la propreté, l’amélioration du cadre de vie, ainsi que le numérique et l’événementiel. Ces orientations doivent se traduire par une meilleure planification des interventions, un entretien plus régulier des espaces relevant de notre compétence et une coordination renforcée avec la Mairie et les autres partenaires.
Le numérique jouera aussi un rôle clé pour améliorer le suivi des opérations, la gestion des services et la qualité de l’expérience touristique. Notre objectif est de passer d’une logique d’interventions ponctuelles à une gestion continue, organisée et davantage fondée sur l’anticipation. Cela nécessite des moyens, une méthode et une répartition claire des responsabilités. Mais cela s’impose comme une condition indispensable si nous voulons préserver l’attractivité de Saly et améliorer durablement le cadre de vie de ses habitants.
Quelles opportunités les Joj offrent-ils aux hôteliers, restaurateurs, artisans, commerçants et autres acteurs du secteur touristique local ?
Les Jeux tombent à point nommé, coïncidant avec le démarrage de la saison touristique. L’arrivée des athlètes, des délégations, des encadreurs, des médias et des visiteurs crée un flux d’affaires pour les hôtels, les restaurants, les transporteurs, les artisans et les commerçants. Selon les prévisions des organisateurs, Saly devrait accueillir environ 528 athlètes et plus de 15 000 spectateurs. Ces chiffres illustrent l’ampleur de l’événement, même s’ils ne correspondent pas exactement au nombre de nuitées ou au niveau de recettes attendu. Notre responsabilité collective est de faire en sorte que ces opportunités bénéficient au plus grand nombre. Les petites entreprises, les artisans, les commerçants et les jeunes entrepreneurs doivent pouvoir tirer parti de cette dynamique. Les Joj constituent une vitrine exceptionnelle pour nos compétences, notre hospitalité et la qualité de nos services. Il nous revient de transformer cette visibilité en relations commerciales, en fidélisation de clientèle et en opportunités d’investissement nouvelles.
Comment la Sapco entend-elle profiter de la visibilité internationale des Joj pour renforcer l’attractivité de Saly et, plus largement, de la Petite-Côte ?
Nous ne voulons pas que Saly soit mis sous les projecteurs uniquement durant les Jeux, puis retombe dans l’oubli. L’enjeu est de convertir cette exposition internationale en une dynamique touristique durable. Saly ne peut plus être vue comme une simple destination balnéaire: elle dispose des atouts pour proposer une offre plus diversifiée, mêlant sport, culture, événements et loisirs.
Cette ambition concerne aussi l’ensemble de la Petite-Côte, où des projets structurants comme Pointe Sarène et Mbodiène ouvrent des perspectives nouvelles de développement et d’investissement. La Sapco aspire à aider à structurer cette offre, à améliorer la qualité des espaces touristiques et à créer un environnement propice à l’investissement privé. Cela implique une collaboration avec l’Agence sénégalaise de promotion touristique, les collectivités, les opérateurs privés et les autres partenaires concernés. Notre objectif est clair: que ceux qui découvrent Saly à travers les Joj aient envie d’y revenir, d’y séjourner plus longtemps, de découvrir les autres destinations de la Petite-Côte et, pourquoi pas, d’y investir.
À travers les Joj « Dakar 2026 », quelle image du Sénégal touristique souhaitez-vous promouvoir auprès de la jeunesse mondiale et des investisseurs internationaux ?
Nous souhaitons présenter un Sénégal accueillant, authentique, ouvert sur le monde et fier de son identité. La Téranga demeure une valeur centrale de notre pays. Mais le Sénégal possède aussi un patrimoine naturel et culturel exceptionnel, une jeunesse dynamique, une créativité remarquable et une ambition réelle de moderniser son offre touristique. Aux jeunes athlètes, nous voulons offrir une expérience humaine, sportive et culturelle mémorable, afin qu’ils repartent avec de beaux souvenirs et l’envie de revenir.
Aux investisseurs, nous voulons démontrer que le pays offre des perspectives réelles dans l’hôtellerie, les loisirs, les infrastructures touristiques, les services et les nouvelles technologies. Les Joj constituent une opportunité de renforcer cette image, mais la crédibilité se bâtit durablement par la qualité des infrastructures, des services, de l’accueil et de l’environnement que nous proposons. C’est cette synergie entre authenticité, professionnalisme et innovation qui peut positionner le Sénégal parmi les destinations phares en Afrique.
La Sapco envisage-t-elle de capitaliser sur cette expérience pour accompagner d’autres événements sportifs et culturels d’envergure internationale au Sénégal ?
Bien sûr. Les Joj nous offrent une expérience précieuse et ouvrent des perspectives prometteuses pour l’avenir. Une destination touristique ne peut plus dépendre uniquement de ses plages et de ses hôtels; elle doit proposer des activités, des expériences et des événements susceptibles d’attirer des visiteurs tout au long de l’année. Saly possède des atouts importants dans ce domaine : sa position géographique, ses capacités d’accueil, son littoral et sa proximité avec l’aéroport international Blaise-Diagne. L’expérience acquise avec les Joj doit nous permettre de mieux préparer l’accueil d’autres manifestations sportives, culturelles, professionnelles et touristiques.
Il ne s’agit pas pour la Sapco de se substituer aux organisateurs d’événements, mais de contribuer à créer les conditions favorables à leur mise en œuvre, en collaboration avec les acteurs compétents. Nous voulons faire de l’événementiel un véritable levier de diversification touristique, d’activité économique et de création d’emplois. À terme, notre ambition est que Saly vive pleinement douze mois durant.
Quel message adressez-vous aux athlètes et au public à quelques jours de l’ouverture des Jeux ?
Avant tout, j’adresse un accueil chaleureux à tous les athlètes, aux délégations, aux encadreurs, aux médias et aux visiteurs qui vont découvrir notre pays. Vous arrivez dans un Sénégal où l’hospitalité, le partage et la fraternité occupent une place centrale. Nous souhaitons que votre séjour soit une expérience sportive, humaine et culturelle enrichissante. Je m’adresse également aux populations de Saly, de Mbour et de toute la Petite-Côte: ces Jeux sont aussi les vôtres. Leur réussite dépend de la mobilisation collective, de notre sens de l’accueil et de notre capacité à faire découvrir le meilleur de notre territoire.
Je tiens à remercier le Cojoj, la Mairie de Saly, les services de l’État, nos partenaires et l’ensemble des équipes de la Sapco qui se sont mobilisés depuis les premières étapes de cette aventure. Je souhaite à tous les athlètes de magnifiques compétitions, dans l’esprit du respect, de l’excellence et de la fraternité olympique. Enfin, j’invite chacun à considérer les Joj non comme une parenthèse, mais comme le point de départ d’une nouvelle ambition pour Saly et la Petite-Côte.