À travers « Nagn Délou Saaraba », la troisième édition du Patrimoine Gala Paris 2026 se propose de replacer la transmission du patrimoine au centre d’un rendez-vous culturel à vocation internationale. Prévu les 18 et 19 septembre à Paris, l’événement s’illustrera notamment par la présentation de « Baak Saaraba », un hymne qui se veut une ode à la mémoire, à l’identité et aux valeurs sénégalaises.
Selon le dossier presse, « Nagn Délou Saaraba », que l’on peut interpréter comme « un appel au retour aux sources », porte une ambition plurielle, à la fois culturelle, mémorielle et internationale. Le projet, indiquent ses initiateurs, a pour objectif de rappeler la richesse du patrimoine sénégalais, de transmettre les valeurs qui fondent son identité et de projeter cette mémoire vers les générations futures.
Au-delà d’un simple rendez-vous artistique, le Patrimoine Gala Paris réunit diverses expressions du patrimoine et de la création : marche mémorielle, conférence, arts, musique, gastronomie, mode, artisanat et création audiovisuelle. L’initiative s’inscrit aussi dans une démarche de promotion de la destination Sénégal et du « Made in Senegal ».
La mémoire comme fil conducteur
Au cœur du projet, « Baak Saaraba » occupe une place prépondérante. Le « Baak », esquissé dans le dossier comme une « parole de mémoire, de généalogie, de récit », est conçu comme un hymne patrimonial et générationnel. Son texte invoque les origines, les terres, le courage, la dignité et la transmission.
« Savoir d’où l’on vient pour mieux construire où l’on va » constitue, selon les initiateurs, le message central porté par cette œuvre. Le projet met ainsi en dialogue les générations, les anciens étant présentés comme les dépositaires de la mémoire et les jeunes comme les héritiers chargés de faire vivre cet héritage.
L’hymne réunit plusieurs artistes et acteurs de la création sénégalaise. Papis Niang est à l’origine de la conception et de l’idée générale, tandis qu’El Hadj Bécaye Mbaye, Waly Seck, Tarba Mbaye, Fatou Guéweul Diouf, Youssou Dieng et Maguette Mbaye figurent parmi les interprètes. Vieux Sall assure la composition, Babacar Diop et Aïcha Omaïs l’écriture du texte, et Mariétou Diouf la production. DJ Kals est chargé de la communication et participe également à l’identité vocale du projet.
L’intelligence artificielle au service du patrimoine
Pour donner corps à cet univers, une première vidéo d’environ six minutes a été réalisée à l’aide de l’intelligence artificielle. Cette production constitue une première présentation audiovisuelle du concept, avant la réalisation d’un clip officiel et artistique de plus grande envergure.
Les promoteurs expliquent que le recours à l’IA répond à une volonté de prévisualisation et de création, permettant de matérialiser une ambition artistique malgré les contraintes financières. Ils soutiennent l’idée qu’un contenu consacré au patrimoine sénégalais peut également s’approprier les nouvelles technologies pour toucher les publics contemporains.
Le document précise toutefois que cette vidéo « ne constitue pas le clip officiel définitif », mais représente une première étape vers une production professionnelle réunissant les artistes interprètes.
Pour les promoteurs, l’enjeu va au-delà de la simple réalisation d’un clip musical. Il s’agit de produire « une œuvre audiovisuelle patrimoniale » susceptible de servir de vitrine au Sénégal, à ses artistes, à sa culture, à ses savoir-faire et à sa diaspora. Le projet sollicite ainsi l’accompagnement de l’État pour permettre la mise en œuvre de sa version officielle.
Le Patrimoine Gala Paris 2026 se déroulera les 18 et 19 septembre. La première journée sera dédiée à « Tenkam Tenkam – Sur les pas de Saaraba », avec une grande marche mémorielle partant du parvis de la Tour Eiffel, réunissant plus de 200 participants. Cette journée sera également marquée par des allocutions et une clôture artistique.
Le lendemain, l’Espace Royal de Montreuil accueillera « Yendou – Keur Damel », avec une conférence consacrée au patrimoine et à la transmission, des présentations culturelles, de la gastronomie, des stands, un hommage à Doudou Ndiaye Coumba Rose, ainsi que l’installation artistique « Reine Saaraba ». Une soirée « Xawaré » est aussi annoncée avec Tarba Mbaye et Fatou Guéweul Diouf.
Un projet tourné vers la diaspora
À travers « Baak Saaraba », les initiateurs affichent une ambition internationale : viser un milliard d’écoutes et faire de l’hymne un outil de promotion du patrimoine sénégalais. La stratégie envisagée repose notamment sur les médias, les plateformes numériques, la diaspora, les artistes, les institutions et les partenaires privés.
Le dossier présente également le projet comme un moyen de « créer un récit culturel contemporain reliant mémoire, identité, création artistique et nouvelles technologies », tout en valorisant les artistes, artisans, créateurs et savoir-faire du pays.
Au-delà de l’événement parisien, « Nagn Délou Saaraba » entend donc inscrire le patrimoine sénégalais dans une dynamique de transmission et d’exportation culturelle. Les promoteurs souhaitent, via l’accompagnement sollicité auprès de l’État et des partenaires, donner à « Baak Saaraba » les moyens de devenir, selon leurs termes, « un véritable outil de rayonnement culturel ».