Les parlementaires réunis en session extraordinaire se sont engagés, le lundi 10 août 2026, à examiner un ensemble de textes relatifs au Code du travail, au Code de la sécurité sociale et à la protection des infrastructures d’information critiques. Ils aborderont également, en procédure d’urgence, les propositions de loi relatives à la déclaration de patrimoine et à l’encadrement des crédits spéciaux et autres fonds secrets. Cette session, prévue pour quinze jours, devrait permettre l’adoption de résolutions créant six commissions d’enquête parlementaire.
La première session extraordinaire de l’année 2026 s’est ouverte ce lundi 10 août à l’Assemblée nationale. Après avoir constaté que le quorum était atteint, avec la présence de cent députés, le président de l’institution a affirmé que l’Assemblée était en droit de délibérer. Il a précisé que l’ordre du jour comportait l’étude de trois projets de loi relatifs au Code du travail, au Code de la sécurité sociale et à la protection des infrastructures d’information critiques, ainsi que des propositions de loi visant à modifier l’article 37 de la Constitution sur la déclaration de patrimoine et une autre proposition relative à l’encadrement des crédits spéciaux et autres fonds secrets.
L’Assemblée nationale a adopté des résolutions instituant six commissions d’enquête parlementaire, portant notamment sur des opérations de cession d’immeubles, l’usage par l’exécutif des mécanismes financiers de type Total Return Swap (TRS) et les irrégularités alléguées dans l’attribution et l’exécution des marchés du programme « Un étudiant, un ordinateur », entre autres. Après avoir levé la séance, Ousmane Sonko a demandé à la Conférence des présidents de se réunir afin de déterminer le calendrier des travaux en commission et la tenue de la plénière.
Le député Thierno Alassane Sall a qualifié l’initiative du Pastef visant les propositions de loi sur la déclaration de patrimoine et l’encadrement des fonds spéciaux de « diversion » de la majorité parlementaire. « Des auditions sur la séquence ayant conduit à la mort d’Abdoulaye Bâ auraient été plus pertinentes. L’Assemblée nationale cherche à se prévaloir de transparence, mais elle tarde à faire la lumière sur un certain nombre d’affaires en lien avec le budget de l’Assemblée nationale qui n’a jamais été voté », a déclaré Thierno Alassane Sall. Le député non inscrit a ajouté que l’Assemblée nationale n’est pas encore en mesure de clarifier intégralement le salaire du président de l’institution ainsi que les fonds politiques mis à sa disposition et le recrutement des membres de son bureau.
Le député Amadou Ba (Pastef) a salué cette ouverture, estimant qu’elle traduit la volonté de transparence de l’Assemblée nationale dans la gestion des fonds publics. « En ce qui concerne la déclaration de patrimoine du président de la République, c’est lui-même qui a exprimé le souhait et a déjà déposé sa déclaration à l’Ofnac et au Conseil constitutionnel. Toutefois, le cadre actuel relatif à la déclaration de patrimoine n’encadre pas explicitement la fonction présidentielle. Il s’agit d’ajuster le cadre juridique. Ce n’est pas une manœuvre politique, mais un engagement moral et une promesse inscrite dans notre programme », a déclaré l’élu de la majorité.