Le trafic entre Mbacké et Touba a connu une interruption prolongée ce matin, durant plusieurs heures. En effet, les automobilistes, communément désignés sous le nom de Mbacké-Touba, ont décidé de stopper leur activité et de bloquer la circulation. Leur principale revendication concerne la transparence dans la gestion de leur regroupement, qu’ils jugent opaque et peu claire. Ces conducteurs protestent notamment contre la manière dont leur association est administrée, exigeant plus de clarté et de responsabilité dans l’utilisation des ressources qui leur sont allouées.
Parmi les principales préoccupations soulevées par ces conducteurs figurent, d’une part, le coût élevé des cartes d’adhésion au sein du regroupement, fixé à 50 000 francs CFA, et, d’autre part, la gestion de l’argent collecté et dépensé par la structure. Ils réclament une meilleure transparence pour comprendre comment sont réparties et utilisées les ressources. Face à leur mécontentement, ces automobilistes ont investi l’avant de la sous-préfecture de Ndame ce matin, mobilisant leur flotte pour faire entendre leurs doléances et demander des comptes aux responsables du regroupement.
Bada Ngom, qui s’est présenté comme leur porte-parole lors de cette mobilisation, a précisé que leur problème ne concerne pas directement les clients ou les autorités municipales et territoriales. Leur conflit porte principalement sur la démarche du président du regroupement des véhicules Mbacké-Touba. Selon ses explications, une assemblée générale régulière, censée se tenir tous les six mois, n’a pas été organisée comme prévu, ce qui constitue pour eux un manquement grave. C’est cette absence de réunion de concertation qui alimente leur frustration.
De plus, M. Ngom a indiqué que la majorité des conducteurs ne possèdent pas encore de carte d’adhésion, ce qui renforce leur opposition. Ils considèrent en effet le prix de cette carte comme excessif, et ils refusent d’y consacrer une telle somme sans avoir au préalable accès à des informations détaillées sur le patrimoine et la gestion financière de l’association. Leur rejet de cette contribution financière est motivé par leur souhait d’être transparents et crédibles dans leurs démarches.
Le porte-parole insiste également sur le fait que, grâce à leurs bons de traverser, les véhicules effectuant la ligne Mbacké-Touba apportent annuellement plus de 100 millions de francs CFA au sein du regroupement, en plus des versements effectués aux municipalités de Touba et de Mbacké. Ces revenus, selon lui, participent significativement au développement local et au maintien du service. C’est pour cette raison qu’ils réclament une amélioration de leurs conditions de travail. Ils dénoncent également la réduction drastique, cette année, de l’aide financière pour la fête de Tabaski, qui a été limitée à seulement 20 000 francs CFA.
Fallou Sène, responsable de la communication du regroupement, a quant à lui rejeté vigoureusement toutes les accusations formulées par les conducteurs. Il avance que les bons de traversée sont indispensables pour le bon fonctionnement du regroupement, car ils permettent de financer diverses actions sociales en faveur de ses membres. Selon lui, ces ressources servent à organiser des mariages, des baptêmes, à soutenir les anciens chauffeurs ou encore à contribuer à la fête de Tabaski, entre autres initiatives sociales.
Il affirme que certains conducteurs ont été influencés par des individus malintentionnés, qui ne possèdent même pas de carte de membre officielle de l’association. D’après lui, la seule manière de devenir réellement membre de cette structure consiste à obtenir une carte d’adhésion valide, ce qui, selon lui, est une étape légitime. Concernant le prix de cette carte, il trouve inconcevable que des conducteurs qui exploitent des véhicules valant plus de 7 millions de francs CFA n’y aient pas souscrit, tout en restant membres de la structure. Pour lui, le tarif de 50 000 francs CFA est justifié par les ressources collectées.
En ce qui concerne l’utilisation des fonds, Fallou Sène indique qu’ils sont principalement employés à faire croître le secteur et à apporter un soutien concret aux membres. Il précise par ailleurs qu’au total, 335 membres du regroupement ont bénéficié d’un soutien financier lors de la fête de Tabaski, ce qui souligne l’ampleur de leur solidarité.
Après cette mobilisation, les conducteurs ont été reçus par le sous-préfet de Ndame, avec qui une rencontre a été programmée pour le vendredi suivant, réunissant tous les acteurs concernés. Le porte-parole du regroupement a salué cette initiative comme un pas positif vers la résolution des problèmes. À l’issue de cette entrevue, les conducteurs ont repris la route vers 12 heures, mettant fin à leur mouvement de protestation.