La productrice et réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang poursuit sa montée sur la scène cinématographique internationale. Elle figure parmi les cinq jurés chargés de départager les films de la section « Un Certain Regard » lors de la 79e édition du Festival de Cannes, qui se déroulera sur la Croisette du 12 au 23 mai 2026.
Sous la présidence de l’actrice française Leïla Bekhti, le jury réunit aussi des personnalités issues de trajectoires variées : le compositeur libanais Khaled Mouzanar, la réalisatrice italienne Laura Samani et le cinéaste français Thomas Cailley. Ensemble, ils auront pour tâche d’établir le palmarès de cette sélection qui met en avant un cinéma audacieux, axé sur la découverte et les nouvelles écritures.
La présence d’Angèle Diabang au sein de ce jury marque l’aboutissement d’une carrière de plus de deux décennies au service du cinéma engagé. Figure incontournable du paysage audiovisuel africain, elle s’est imposée à travers des œuvres centrées sur les enjeux sociaux, les droits humains et les parcours féminins.
Fondatrice de la société de production Karoninka en 2006, elle cultive un cinéma à forte portée sociale. Parmi ses œuvres majeures figure le documentaire Congo, un médecin pour sauver les femmes, consacré au combat mené par le gynécologue congolais Denis Mukwege, Nobel de la Paix en 2018.
Son court métrage Un air de kora a été distingué au FESPACO 2019, où il a décroché le Poulain de bronze ainsi que le Prix de la meilleure réalisatrice de la CEDEAO.
Une dynamique nourrie par un succès récent
En 2025, Angèle Diabang a marqué un tournant avec l’adaptation cinématographique de Une si longue lettre, chef-d’œuvre de Mariama Bâ. Le long métrage a connu un succès retentissant en Afrique de l’Ouest, enregistrant des entrées jamais vues et confirmant l’accueil enthousiaste du public envers sa démarche cinématographique.
Sa nomination au sein du jury « Un Certain Regard » s’inscrit dans un contexte où les cinémas africains gagnent en visibilité sur la scène internationale. Elle rejoint, aux côtés de ses pairs, une édition antérieure dominée par la victoire du réalisateur chilien Diego Céspedes pour son premier long métrage Le Mystérieux Regard du flamant rose.
À Cannes, Angèle Diabang portera ainsi, au-delà de sa trajectoire personnelle, une conception du cinéma africain : engagé, enraciné dans les réalités sociales et résolument tourné vers l’universel.