Âgée d’une trentaine d’années et formée en tant qu’institutrice, Amy Sène transmet son enseignement depuis six ans au sein d’une classe inclusive à Sibassor, dans le département de Kaolack. Sa passion pour la méthode braille l’a conduite à être recrutée comme auxiliaire de vie scolaire (Avs), un métier consistant à accompagner pédagogiquement les élèves en déficience visuelle de la commune de Kaolack en dehors des heures d’enseignement.
Elle se démarque parmi les enseignantes spécialisées dans l’éducation inclusive les plus connues du département de Kaolack. Bien que jeune, Amy Sène peut paraître de petite taille, mais elle impressionne par son intelligence et sa créativité. Instituée dans sa fonction, elle représente un pilier du dispositif d’accompagnement en faveur de l’éducation inclusive dans la région du Saloum.
En fonction dans l’école élémentaire Sibassor2, située à une dizaine de kilomètres de Kaolack, Amy Sène dirige une classe inclusive depuis 2020, après avoir suivi une formation spécifique dans ce domaine.
En dehors de ses heures de cours, elle réserve le reste de son temps à l’accompagnement des élèves déficients visuels de la commune en tant qu’auxiliaire de vie scolaire (Avs). Grâce à son engagement, des élèves en difficulté, notamment ceux qui ne voient pas ou mal, bénéficient de séances de renforcement pédagogique.
Sa stratégie consiste à réunir ces jeunes à l’école élémentaire Ndangane 3, dans la commune de Kaolack, lors des après-midis afin de leur dispenser des cours de remédiation et de consolidation des acquis.
Cette année, Mme Sène assure le suivi de huit élèves déficients visuels issus des niveaux CE1, CE2 et CM1.
« Je ne procède pas à l’acquisition de nouvelles notions, mais à des exercices de remédiation et à des séances d’explication pour aider l’enfant à mieux comprendre ce qui lui avait échappé en classe avec son maître ou sa maîtresse. Le travail n’est pas facile et les difficultés majeures se situent en mathématiques, notamment la division, les nombres décimaux et les fractions. Toutefois, c’est impressionnant et passionnant », explique-t-elle, soulignant qu’elle bénéficie d’une indemnité mensuelle de transport de 35.000 FCFA fournie par une Organisation non gouvernementale partenaire de l’éducation.
D’après elle, les élèves à besoins éducatifs spéciaux évoluent dans des classes pléthoriques et, même avec l’application du tiers temps — une mesure d’accompagnement accordée aux déficients visuels —, ils éprouvent des difficultés à terminer leurs exercices ou leurs leçons.
« Ce qui conduit à être victimes de leur propre rythme de progression. Et s’il n’y a pas de suivi, l’enfant peut abandonner ses études », affirme Amy Sène, ajoutant que « c’est pour éviter le décrochage de ces élèves et leur donner une chance que les autorités scolaires l’ont choisie parmi tant d’autres, afin d’accompagner ces élèves en dehors de ses cours. »
Lors des examens scolaires, elle agit dans des centres inclusifs comme l’école de Koutal Sérère pour y transcrire les épreuves en braille.