Amadou Lamine Sall se porte candidat au Secrétariat général de la Francophonie

8 septembre 2025

Dans l’émission JDD diffusée ce dimanche sur iTV, l’écrivain et poète Amadou Lamine Sall a officiellement présenté sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour l’élection de 2026. Face à Mamadou Ndiaye, l’intellectuel sénégalais a exposé en détail sa vision d’une « francophonie des peuples » et sa feuille de route afin de regagner l’adhésion des pays africains qui se sont éloignés de l’organisation.

« Je n’ai pas le choix. On m’a choisi, on m’a été proposé par des amis et par l’ensemble de la communauté nationale et internationale », a déclaré Amadou Lamine Sall. Sa démarche a notamment été lancée par Alioune Tine, ancien directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest, dans une tribune qui a fait sensation. Le poète attend désormais « le feu vert » du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et de son gouvernement pour officialiser sa campagne.

Lamine Sall identifie l’un des défis majeurs à relever comme étant le retour du Niger, du Mali et du Burkina Faso au sein de l’organisation. « Le Niger est père fondateur de la Francophonie avec Hamani Diori », a-t-il rappelé, illustrant son idée avec une métaphore frappante : « on a divorcé avec la femme mais on la garde dans son lit ». Selon lui, ces pays peuvent être reconquis car « la francophonie politique a échoué » et mérite une refonte totale.

Le candidat sénégalais met en exergue les racines africaines de l’institution : « La Francophonie a été créée par les Africains. Elle n’a pas été créée par la France ». Il évoque Léopold Sédar Senghor, Hamani Diori du Niger et Habib Bourguiba de Tunisie comme les véritables fondateurs. « Soixante-dix pour cent des membres qui forment la Francophonie » seraient africains, affirme-t-il, ajoutant que « s’il n’y avait pas aujourd’hui l’Afrique, la langue française serait longtemps dans un cimetière ».

Amadou Lamine Sall propose une refonte radicale de l’OIF, en la transformant en une « francophonie des peuples et non pas une francophonie des élites », en associant « les jeunes, les femmes, la société civile » à la gouvernance de l’organisation. Sa campagne bénéficie déjà de soutiens internationaux, notamment au Canada, au Québec et au Maroc.

Le poète, qui se décrit comme « un enfant de la République », conditionne sa candidature officielle à l’approbation des autorités sénégalaises. « Cette candidature n’aura pas de sens si elle n’est pas portée par mon pays », a-t-il souligné, exprimant l’espoir que sa candidature soit présentée lors du prochain sommet des ministres de la Francophonie en novembre 2025 à Kigali.

La course pour succéder à Louise Mushikiwabo s’ouvre donc avec un candidat africain résolu à redonner à la Francophonie ses racines continentales et à réconcilier l’organisation avec ses États dissidents.