Aïssata Tall Sall appelle à un retour aux urnes. À la tête du groupe parlementaire Takku-Wallu Sénégal, elle invite le chef de l’État à dissoudre l’Assemblée nationale et à convoquer des élections législatives anticipées, affirmant que le peuple doit être appelé à trancher le différend entre l’Exécutif et le Législatif concernant l’adoption du budget de 2027.
La responsable politique justifie sa demande par ce qu’elle perçoit comme un blocage du débat démocratique au sein de l’Hémicycle. Elle dénonce notamment, selon elle, le refus d’examiner le budget national et l’emploi du règlement intérieur pour étouffer la voix de l’opposition. « Quand une institution refuse de débattre du budget de la nation, et qu’une majorité instrumentalise le règlement intérieur non pour éclairer mais pour faire taire la parole, alors la seule issue démocratique, c’est le peuple », soutient-elle.
Aïssata Tall Sall invite ainsi le président de la République à prendre ses responsabilités. « Qu’on dissolve cette Assemblée et qu’on organise des élections législatives anticipées », lance-t-elle, convaincue que les Sénégalais doivent « arbitrer eux-mêmes » la crise institutionnelle.
« Un acte de salubrité démocratique »
La présidente du groupe Takku-Wallu Sénégal présente cette dissolution comme une réponse démocratique à l’impasse actuelle, et non comme une manœuvre politicienne. « Nous ne craignons pas le verdict des urnes. C’est Pastef qui le craint, parce qu’il sait que son bilan budgétaire ne résistera pas à la campagne. Qu’ils assument leurs chiffres devant le peuple, s’ils en ont le courage », déclare-t-elle.
Tout en rejetant l’idée de contribuer à un blocage des institutions, son groupe refuse également de soutenir la majorité parlementaire. Me Aïssata Tall Sall revendique ainsi une posture de « responsabilité républicaine » : contester la gestion du pouvoir sans, pour autant, prendre part à une paralysie du pays.
Elle estime que le président de la République, élu avec 54 % des suffrages, doit prendre l’initiative de sortir de cette crise. « Si ce pays est bloqué, le premier qui aura violé son serment, ce ne sera pas nous », prévient-elle.
C.G.D