Le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, invite la jeunesse, par l’intermédiaire du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal, à formuler des avis clairs, mesurables et opérationnels qui alimenteront l’Agenda Sénégal 2050. C’est le message prononcé mardi lors de la cérémonie d’installation des membres de ce conseil.
Les membres du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal ont reçu officiellement leur investiture ce mardi 29 septembre 2026, en présence du chef de l’État. Ils incarnent la jeunesse issue des diverses régions et localités du pays.
« Vous devenez désormais l’interface entre l’État, ses ministères et ses partenaires en matière de jeunesse. Je ne sollicite pas votre approbation. L’approbation, un Président en reçoit souvent davantage qu’il ne mérite. Je vous demande plutôt de me révéler ce que les rapports ne distinguent pas. Beaucoup de ceux que vous évoquerez n’ont pas voté pour vous », a-t-il déclaré.
Cependant, précise le président, beaucoup ignorent l’existence même de ce Conseil. Or, les voix de ces conseillers portent autant, voire davantage que celle de leurs électeurs.
« Pour mériter ces voix, voici mon seul conseil : travaillez. Engagez des débats, même vifs, puis parvenez à un consensus sur l’essentiel. Présentez-nous des avis clairs, chiffrés et opérationnels qui alimentent l’Agenda Sénégal 2050. Je m’engage publiquement à les examiner et à vous rencontrer chaque fois que la situation l’exigera », a-t-il affirmé.
À cet effet, il a annoncé que, sous la houlette du Premier ministre, le gouvernement leur ouvrirait ses portes sur l’orientation, la formation professionnelle, les compétences numériques et l’ensemble des domaines qui déterminent l’avenir des jeunes. Il appelle aussi les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile et leurs partenaires à adopter la même démarche.
« Votre génération n’a pas davantage de défauts que les autres. Elle porte ses propres tentations, et je souhaite les nommer afin de mieux les affronter en les observant franchement. La première tentation est d’estimer que rien ne dépend de vous, que tout se joue ailleurs, plus haut et plus loin, et qu’il suffit d’attendre. Ce Conseil existe pour démontrer le contraire. Ce qui vous concerne se décidera désormais avec vous », a-t-il lancé.
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La deuxième tentation est, selon le chef de l’État, celle de laisser la machine penser à leur place. Car elle proposera cette facilité avec une grande politesse. « Servez‑vous d’elle comme d’un outil. Un esprit qui ne travaille plus s’éteint comme un bras que l’on ne lève plus », a recommandé le président Faye.
La troisième tentation, dit-il, est le faux. Il s’agit de l’écran où, selon lui, l’on détruit en dix secondes une réputation bâtie sur trente ans, où l’insulte tient lieu d’argument, où l’on ne cherche plus si quelque chose est vrai mais seulement si cela fait mal.
« Vous valez mieux que cela. Le débat, oui. La contradiction, toujours. Mais le mensonge et l’injure, jamais. La dernière est l’imitation. Vouloir les rêves des autres, leurs modèles, leurs accents, jusqu’à leur regard sur nous. Les initiés ne sortaient pas de la case avec des conseils seulement. Ils en sortaient avec une charge. Et voici la vôtre », a-t-il relevé.