Le dossier explosif d’ArcelorMittal refait surface sur la scène judiciaire. Ce mercredi 20 août, le doyen des juges d’instruction du tribunal de Dakar ouvre les auditions dans l’enquête relative au mécanisme de paiement instauré en 2014 entre l’État du Sénégal et le géant de l’acier. Premier témoin appelé à s’exprimer : Aly Ngouille Ndiaye, ancien ministre des Mines et maire actuel de Linguère, convoqué à ce titre.
Il devrait éclairer les conditions qui ont entouré la signature d’un accord transactionnel supposé avoir mis fin au contentieux entre l’État et le groupe sidérurgique. Tandis que Dakar réclamait devant la Chambre de commerce internationale des montants considérables, l’affaire s’est conclue par une transaction fixée à 150 millions de dollars, soit environ 90 milliards de francs CFA, et la traçabilité du circuit financier et les bénéficiaires suscitent aujourd’hui de vives questions.
Relancée par une plainte de l’Agent judiciaire de l’État sous l’ère Bassirou Diomaye Faye, l’affaire est instruite pour association de malfaiteurs, corruption, blanchiment de capitaux et escroquerie. Après Aly Ngouille Ndiaye, d’anciens ministres de Macky Sall — notamment Birima Mangara (Budget) et Amadou Bâ (Économie et Finances) — devraient également être entendus par les magistrats.
Ces auditions marquent une étape décisive dans l’objectif des nouvelles autorités d’élucider un dossier où se mêlent enjeux miniers, transactions opaques et soupçons de malversations au sommet de l’État.