Le village de Daroul Hijrat, situé dans la région de Vélingara au sud du Sénégal, se prépare activement à accueillir la troisième édition de l’Achoura, qui se tiendra précisément les 5 et 6 juillet prochains. Ce rassemblement est une commémoration importante dans la tradition chiite, marquant l’anniversaire de la mort de plusieurs membres de la famille du Prophète Mohamed (Psl), un événement central dans leur calendrier religieux. Lors de cette occasion, le village natal de Mawlana Chérif Mohamed Aly Aïdara va voir arriver des milliers de pèlerins venant de diverses régions du Sénégal ainsi que de plusieurs pays étrangers. L’organisation de cette célébration d’envergure a conduit le guide religieux chiite à solliciter et à obtenir l’accord formel du Préfet du département de Vélingara, Thierno Souleymane Sow. Cet accord a permis la mise en place d’un Comité Départemental de Développement (Cdd), dans le but de faciliter le bon déroulement de l’événement. Selon Alioune Badiane, qui représente le Khalife général Aïdara, la finalité de cette rencontre est d’assurer la sécurité tant pour les lieux que pour les pèlerins, tout en créant un environnement propice au recueillement. Il a également évoqué les besoins spécifiques identifiés par le comité d’organisation pour garantir la réussite de cette manifestation. Alioune Badiane a ainsi précisé : «Il s’agit principalement de demandes en matière de sécurité : sécuriser les lieux, faciliter la circulation des pèlerins vers Daroul Hijrat, assurer un approvisionnement fiable en électricité et en eau potable (renforcé par le fait que le forage du village est actuellement en panne). Nous sollicitons également un appui en vivres pour les organisateurs.»
Les différents services de l’État, tels que la gendarmerie, les services de santé, les sapeurs-pompiers, le Service départemental de l’hygiène publique et les Agents de sécurité de proximité (Asp), qui ont été conviés à cette rencontre, ont été sollicités par l’autorité administrative pour contribuer chacun à leur niveau au succès de cet « événement d’envergure mondiale ». Thierno Souleymane Sow a affirmé que : «L’Achoura de Daroul Hijrat est un évènement religieux majeur dans le département de Vélingara. Un événement qui rassemble un très grand nombre de personnes, venues de diverses parties du monde. Nous avons donné des instructions à tous les services concernés afin qu’ils accompagnent le comité d’organisation dans la mise en place d’un événement qui se déroule dans les meilleures conditions possibles. La gendarmerie, les sapeurs-pompiers, et tous les autres services ont pris l’engagement d’assurer le bon déroulement de ces deux journées d’Achoura, sans aucun incident.»
Le Comité Départemental de Développement (Cdd), en tant que plateforme de coordination, a également été l’occasion pour le représentant du Khalife général Mawlana Chérif Mohamed Aly Aïdara d’adresser un appel solennel aux plus hautes autorités de l’État. Alioune Badiane, tout en exprimant sa gratitude envers le Préfet pour l’organisation du Cdd, a profité de l’occasion pour déplorer ce qu’il considère comme un manque de considération à l’égard de la communauté chiite Mozdahir. Il a sollicité l’intervention du Préfet pour qu’il plaide leur cause auprès du ministre de l’Intérieur et du Premier ministre, afin d’obtenir une meilleure reconnaissance et une intégration plus visible de leur communauté dans les dispositifs étatiques. Il a déclaré : «Nous sommes une communauté religieuse qui contribue activement au développement du pays à travers l’Institut Mozdahir International (IMI), notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et des programmes de soutien aux populations vulnérables. Malgré tout cela, l’État ne nous associe pas à ses différentes initiatives. Nous ne sommes pas invités à participer aux consultations et aux dialogues nationaux. Notre communauté semble totalement ignorée!» Il a ajouté : «Il y a un véritable blackout de la part de l’État sur nos activités et nos réalisations. Notre participation aux efforts de développement et notre implication dans les projets communautaires sont systématiquement négligées, ce qui témoigne d’un manque criant de reconnaissance officielle envers nous.» Enfin, il a insisté sur la nécessité de mieux faire connaître leur contribution et leur rôle au sein de la société sénégalaise, espérant ainsi ouvrir la voie à une reconnaissance et une participation plus équitables à l’avenir.