Hier à Dakar, l’Office national de formation professionnelle (Onfp) et la Banque pour le commerce et l’industrie du Sénégal (Bci Sénégal) ont officialisé une entente de collaboration destinée à former 125 chauffeurs. Le dispositif prévoit cinq cohortes de 25 personnes, qui suivront une formation axée sur la conduite sécurisée, la maîtrise des véhicules électriques et l’excellence du service fourni.
Le Sénégal cherche à rendre son parc automobile plus moderne tout en reconfigurant les pratiques des conducteurs. C’est dans cet esprit que s’inscrit l’accord conclu hier, lundi 21 septembre 2026, à Dakar, entre l’Office national de formation professionnelle (Onfp) et la Banque pour le commerce et l’industrie du Sénégal (Bci Sénégal). Selon le texte de l’entente, 125 chauffeurs seront accompagnés dans une transformation progressive du secteur des transports, marqué par l’arrivée de véhicules électriques. Les bénéficiaires seront répartis en cinq groupes de 25, avec pour objectif d’amener plus de cent d’entre eux à réussir l’évaluation finale. Le programme cible des chauffeurs expérimentés âgés de 25 à 55 ans, en possession du permis B depuis au moins trois ans et ayant plus de deux années d’expérience professionnelle.
La sélection des candidats s’effectuera notamment avec l’appui des associations de chauffeurs, en tenant compte non seulement de l’expérience mais aussi du comportement et des attitudes professionnelles. Pour la directrice de l’Onfp, Dr Mame Awa Ndoye, cette initiative répond aux enjeux actuels du secteur des transports. « Il s’agit d’un double pas : renouveler le parc automobile et professionnaliser la conduite », a-t-elle déclaré, ajoutant que les investissements dans les équipements et infrastructures de transport doivent être accompagnés d’un renforcement des compétences humaines. « La performance des véhicules, en particulier les électriques, ne saurait suffire si les conducteurs ne possèdent pas les capacités techniques et les comportements adaptés pour répondre aux nouvelles exigences de mobilité », a-t-elle ajouté, estimant que l’amélioration du transport passe aussi par une nouvelle culture du métier de chauffeur.
« Nous savons tous comment peuvent se comporter les chauffeurs de transport en commun. Si nous parvenons à ce qu’ils acquièrent une conscience professionnelle et les réflexes techniques et relationnels requis, ce sera un pas décisif », a-t-elle affirmé. Le programme n’est donc pas exclusivement centré sur la maîtrise du volant : il intègre des modules sur la conduite préventive et défensive, la sécurité routière, l’utilisation professionnelle du GPS, la gestion des conflits et la communication en milieu professionnel. La prise en charge et la gestion des véhicules électriques, ainsi que l’accueil et l’expérience client, occupent également une place majeure dans cette initiative. Pour la directrice générale de l’Onfp, cette diversification des apprentissages est devenue nécessaire dans un secteur en pleine mutation.
Selon Dr Ndoye, « être chauffeur professionnel ne se limite plus à savoir manier un véhicule ». Le métier exige désormais la maîtrise d’outils nouveaux, une connaissance renforcée des règles de sécurité et une capacité à interagir de manière adéquate avec les passagers. Elle souhaite ainsi que les 125 bénéficiaires deviennent des « ambassadeurs du professionnalisme et de la qualité de service » dans le domaine des transports. Comme elle l’a rappelé, « cette convention s’inscrit aussi dans la mission de l’Onfp qui vise à rapprocher davantage la formation professionnelle des besoins du marché du travail ». Du côté de la Bci Sénégal, l’importance accordée à la formation repose sur la place centrale du conducteur dans l’ensemble du dispositif. Son directeur général adjoint, Mbassor Sarr, a souligné que le succès du projet ne peut être assuré uniquement par les investissements destinés à l’acquisition de véhicules modernes. « Le chauffeur est essentiel, car c’est lui qui est au contact du client à bord du véhicule », a-t-il insisté. Selon lui, c’est au conducteur qu’il reviendra de traduire concrètement les ambitions du projet en matière de sécurité, de confort et de qualité du service.