Le ministère de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire (MESS), en collaboration avec l’Autorité régulatrice de la commande publique (ARCOP), a organisé, jeudi 29 janvier à Dakar, le lancement d’un atelier consacré à l’accès des acteurs de l’économie sociale et solidaire à la commande publique. Cette séance a permis d’établir un alignement entre les acteurs sur les plans stratégique et opérationnel afin de faciliter l’inclusion de l’ESS dans les mécanismes d’achats publics.
Le but de cet atelier de deux jours, ouvert à Dakar par le ministère de la Microfinance, est de mettre en place une cohérence entre les orientations stratégiques et les pratiques opérationnelles afin de positionner le ministère comme un modèle d’intégration de l’ESS dans la commande publique.
Cet exercice vise en outre à former, informer et partager des outils afin de surmonter les obstacles rencontrés par ces acteurs, notamment en matière de réglementation et d’organisation.
Selon le docteur Mustapha Djité, directeur général de l’ARCOP, les difficultés identifiées incluent un manque de formation et de structuration, nécessitant une médiation pour permettre une participation collective des opérateurs de l’ESS aux procédures d’achats financées par l’État.
C’est dans cette perspective que l’ARCOP a élaboré un guide destiné à expliquer comment ces acteurs peuvent accéder plus aisément à la commande publique.
« De plus, j’ai institué un bureau d’assistance technique pour aider les acteurs à préparer leurs dossiers et à répondre aux appels d’offres. Ce guichet, opérationnel et animé par des spécialistes, a pour objectif d’informer les acteurs sur les opportunités de marché et de les accompagner tout au long des démarches », a expliqué Moustapha Djité.
Selon lui, cet accompagnement, complété par un soutien financier pour harmoniser les pratiques, s’inscrit dans une dynamique de territorialisation de la commande publique, en lien avec la création de pôles territoriaux sur le territoire sénégalais.
Prendre la parole, le Dr Alioune Dione, ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire, a rappelé que son département a mis en place des instruments visant à faciliter l’accès à la commande publique.
« Dans ce cadre, le premier instrument dont nous disposons est d’abord l’agrément, qui constitue le principal critère d’identification pour bénéficier de cette opportunité dans la commande publique. Il faut noter qu’ils sont passés de trois à plus d’un millier sous notre tutelle », a affirmé Alioune Dione.
Poursuivant, il a précisé que la proportion de la commande publique destinée à l’ESS passerait de 5 % à plus de cent milliards de francs CFA.
Le ministre a aussi tenu à souligner que la question du genre est prise en compte de manière favorable, car la plupart des acteurs de l’économie sociale et solidaire sont des femmes.
« Je m’attache à promouvoir une répartition équitable, avec au moins cinquante pour cent de femmes et cinquante pour cent d’hommes dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. Comme vous le constatez, la majorité des structures opérant dans ce domaine est féminine. Nous voulons désormais inverser cette tendance pour encourager l’inclusion des jeunes et résoudre le problème de l’emploi. Nous sommes dans une année dédiée à l’emploi et à l’économie sociale et solidaire, conformément à la volonté du Président de la République », a ajouté le ministre.