À l’approche des épreuves de taekwondo des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, la Fédération mondiale de taekwondo met en place une série de règles inédites destinées à rendre les combats plus fluides et plus spectaculaires. Onze dispositions ont été revisitées, avec une attention particulière portée à la lutte contre la passivité et à la réduction des interruptions par l’arbitrage.
Le taekwondo est sur le point d’évoluer sur les tatamis des JOJ 2026. À l’issue d’une conférence de presse tenue le vendredi 6 novembre, et relayée par RTS digital, la World Taekwondo a détaillé les principaux amendements apportés aux règles de sa discipline. Cette réforme vise à favoriser l’initiative, à limiter les coupures et à offrir un spectacle accru aux amateurs du sport.
Lors de la présentation, Philippe Bouedo, directeur technique de l’instance mondiale, a précisé que cette révision faisait suite aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Elle résulte d’un processus de consultation ayant impliqué les athlètes, les entraîneurs, les arbitres, les médias et les partenaires de diffusion.
Les échanges ont notamment mis en lumière la fréquence des interruptions arbitrales et certaines stratégies défensives qui nuisaient au rythme des affrontements. « Les gens aiment le taekwondo, mais ce qui revenait, c’était qu’il y avait trop d’arrêts de l’arbitre », a indiqué Bouedo.
Parmi les onze dispositions introduites, l’un des principaux volets consiste à renforcer les sanctions contre la passivité. Dans les dix dernières secondes d’un round, un combattant qui évite délibérément l’affrontement, quitte volontairement l’aire de combat ou provoque une chute dans le but de ralentir le jeu peut désormais écoper d’une double pénalité. L’adversaire se voit alors crédité de deux points.
Cette mesure vise à dissuader les athlètes qui cherchent à préserver leur avance en évitant le contact jusqu’à la fin de la période. « Si tu veux gagner, il faut combattre », a résumé le directeur technique de l’instance mondiale.
La réforme porte aussi sur l’assistance vidéo. Les entraîneurs ne peuvent plus solliciter la VAR pour obtenir des points non détectés à la tête ou au plastron; l’attribution de ces points relève désormais exclusivement du système électronique de notation. Cette modification a grandement contribué à diminuer les interruptions. Selon les chiffres fournis par Bouedo, les recours vidéo sont passés d’une moyenne de trois par combat à une demande sur trois combats.
Les JOJ Dakar 2026 verront également une évolution du programme olympique avec l’introduction de l’épreuve par équipes mixtes dans la course aux médailles. Après des essais lors des Jeux de Tokyo et de Paris, cette formule franchit une nouvelle étape.
Les équipes seront composées de quatre combattants, soit deux garçons et deux filles. Les rencontres se dérouleront en trois rounds de trois minutes, avec un cumul des points. Les entraîneurs pourront effectuer des remplacements entre les athlètes selon les choix tactiques et l’évolution du score, tout en veillant à ce que chaque combattant reste au moins quinze secondes sur l’aire de combat.
Cette épreuve mettra davantage l’accent sur la complémentarité, la coordination et la stratégie collective. Elle promet des affrontements plus rythmés et des changements de combattant susceptibles d’influer sur le dénouement des rencontres.
Pour cette édition des JOJ, le taekwondo réunit 65 nations, auxquelles s’ajoutera l’équipe des réfugiés, portant le total à 66 délégations participantes. Cette présence internationale témoigne de l’importance de la discipline dans le mouvement olympique.
La conférence s’est tenue en présence de responsables de l’organisation et de représentants du Sénégal.