Un budget ne se mesure pas à ses intentions mais à ce qu’il change dans la vie des populations et dans la confiance qu’il inspire. C’est ce message qui a été porté samedi par le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, lors de la session parlementaire consacrée au Projet de Loi de Finances Initiale 2027 (PLFI 2027), exposé devant la commission de l’Assemblée nationale.
Pour financer les priorités socio-économiques du Sénégal sans accroître la dette, il faut, selon le même ministre, mobiliser davantage de ressources internes et adopter des modes de dépense différents.
Les recettes intérieures hors hydrocarbures devraient croître de 5,8 % en 2027. Cette prévision est délibérément prudente, le potentiel fiscal étant en réalité supérieur. Toutefois, nous avons tiré les leçons de 2026 et nous refusons d’inscrire au budget des recettes que nous ne sommes pas certains de pouvoir recouvrer », a-t-il expliqué lors de la commission.
Ainsi, pour l’année 2027, l’objectif du gouvernement est net : étendre la base fiscale, garantir une contribution plus équitable pour tous, et renforcer la lutte contre la fraude, sans imposer davantage aux contribuables qui s’acquittent déjà de leurs obligations.
En 2027, on prévoit l’entrée en vigueur du nouveau Code général des impôts et du nouveau Code des douanes. Ces réformes d’envergure moderniseront le système fiscal et douanier du Sénégal, simplifieront les obligations des contribuables et accroîtront l’efficacité du recouvrement.
« Un budget ne se mesure pas à ses intentions, mais à ce qu’il apporte concrètement dans le quotidien des populations et dans la confiance qu’il suscite », a-t-il affirmé à la commission lors de la présentation du PLFI 2027 à l’Assemblée nationale.
480 milliards pour relancer l’économie
En évoquant les priorités, le ministre Cheikh Diba a mis en avant une mesure attendue de longue date par les entreprises. Ainsi, le budget 2027 prévoit 480 milliards FCFA pour régler les arriérés envers le secteur privé. Au total sur 2025-2027, l’État aura régularisé des dettes envers le privé à hauteur de 1 280 milliards.
« Avec l’accumulation des arriérés, de nombreuses PME qui ont fourni à l’État restent en attente de paiement; des salariés voient leur emploi menacé; des banques hésitent à accorder des prêts. Le règlement des dettes de l’État injectera de la trésorerie dans l’économie réelle, relancera l’investissement privé et préservera les emplois. Ces paiements seront effectués selon des critères objectifs et dans une transparence totale. Et nous nous engageons à ne plus accumuler de nouveaux arriérés », a-t-il précisé.
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Ainsi, avec la réforme du secteur parapublic, le gouvernement modifie la stratégie de l’État actionnaire, met en place des contrats de performance généralisés, avec en filigrane une information financière fiable et la restructuration des entreprises en difficulté.
« La SONACOS, la SODEFITEX, la SAED, la SODAGRI et Air Sénégal seront restructurées pour réduire leur dépendance aux subventions. L’argent public doit produire des résultats, pas compenser des pertes. À cet effet, un fonds de relance a été créé sous forme d’un CST pour prendre en charge durablement les difficultés des entreprises. Il a été doté à hauteur de 22 milliards », a-t-il dit.
Par ailleurs, le gouvernement a lancé une réforme majeure de la gestion de la dette, avec la création de la Direction générale des financements et de la dette et la programmation et l’exécution de toutes les dépenses financées par des ressources extérieures via l’application SYSBUDGEP.
« Chaque franc emprunté sera inscrit, suivi et justifié »
« Aucun prêt ni don ne pourra plus être débloqué en dehors du cadre budgétaire. Chaque franc emprunté sera enregistré, suivi et justifié, gage d’une maîtrise réelle de l’endettement et garantissant la traçabilité ainsi que la crédibilité des finances publiques », a-t-il affirmé.
« Dans le même esprit, tous les transferts destinés à des services non personnalisés de l’État sont supprimés. Aucun de ces services ne peut plus dépenser via un compte de dépôt. L’annexe XIII de la présente loi porte sur les transferts à des tiers, dont la dépense administrative est exécutée par les SNPE concernées », a-t-il ajouté.
Les recettes du budget général atteignent 5 653,9 milliards FCFA
« Je conclus par les chiffres clés de ce projet, car ce sont eux qui engagent durablement : les recettes du budget général se montent à 5 653,9 milliards FCFA ; les dépenses s’élèvent à 7 005,6 milliards FCFA ; le déficit est ramené à 1 351,7 milliards FCFA, soit 4,7 % du PIB ; le déficit primaire est réduit à 0,2 % du PIB », a-t-il précisé devant la commission des Finances et du Contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale.
Ayant présenté les chiffres et les objectifs du PLFI 2027, le ministre a déclaré que ce budget répond pleinement aux exigences de rigueur, de sincérité et de transparence. Il invite les députés à l’examiner et à lui accorder leur confiance, pour servir le Sénégal et ses habitants.
« En votant ce budget, vous n’approuvez pas seulement un équilibre comptable, mais vous vous engagez aussi sur le plan national : restaurer la confiance, libérer les énergies productives et bâtir un avenir commun, juste et solidaire », a-t-il conclu.