Le gouvernement a apporté des éclaircissements aux préoccupations soulevées par la Commission des finances et du contrôle budgétaire dans son mémorandum du 26 octobre 2026, relatif au projet de loi de finances rectificative (Lfr) pour l’année 2026. Dans ce document daté du 29 octobre, le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan expose les contraintes budgétaires, le financement du déficit, les subventions à l’énergie et le règlement des arriérés de paiement.
En ce qui concerne les équilibres budgétaires, l’État confirme que le déficit ne devra pas dépasser 1 735,2 milliards de FCFA, soit 7,6 % du PIB. Le gouvernement souligne que ce chiffre représente une autorisation maximale et non une projection certaine des résultats finaux. Il cite notamment les incertitudes liées aux recettes prévues au cours du dernier trimestre, la volatilité du prix du pétrole et l’obligation de respecter les engagements envers les entreprises afin d’éviter l’apparition de nouveaux arriérés.
Pour le volet énergie, le montant total alloué s’élève à 790,3 milliards de FCFA, repartis entre 718,3 milliards pour le Fonds spécial dédié au secteur de l’énergie (FSE) et 72 milliards pour le Cerp. Le gouvernement affirme que ces ressources complémentaires visent principalement à sécuriser l’approvisionnement en hydrocarbures et à soutenir la production d’électricité, tout en préservant les consommateurs d’une répercussion directe des augmentations de coûts.
Le texte aborde aussi les transferts sociaux. Une enveloppe globale de 70 milliards de FCFA est programmée, dont 48 milliards via le Cerp. Grâce à cette mesure, le nombre de ménages bénéficiaires des bourses de sécurité familiale pourrait passer de 355 013 à 469 497 bénéficiaires.
Sur le volet des arriérés de paiement, l’État signale qu’un inventaire mené par l’Inspection générale des finances a recense au 31 décembre 2024 des arriérés s’élevant à 2 494,9 milliards de FCFA, couvrant 6 497 dossiers. À la suite d’un règlement de 538,6 milliards en 2025, le solde restant s’établit à 1 956,3 milliards de FCFA, répartis sur 5 425 dossiers. Le gouvernement distingue les dossiers jugés réguliers, estimés à 967,8 milliards, de ceux présentant des irrégularités ou des pièces justificatives manquantes, évalués à 988,5 milliards. Il précise que ces derniers n’iront pas au paiement tant que les vérifications nécessaires n’ont pas été effectuées.
Les besoins totaux pour financer la Lfr s’établissent à 6 774 milliards de FCFA. Le gouvernement expose une stratégie de financement qui s’appuie notamment sur des emprunts-programmes, des prêts-projets, des ressources du marché régional et diverses facilités d’appui financier. Il met en garde : un retard dans l’adoption du texte pourrait repousser à 2027 certaines aides budgétaires exceptionnelles ainsi que des financements de projets et des prêts-programmes, ce qui aurait des répercussions sur la clôture du financement pour l’exercice 2026.