De la Chine à la Russie, en passant par les États-Unis et le Japon, les grandes puissances du sport international convergent vers Dakar, portées par de jeunes talents à surveiller. À la suite du bilan des médailles établi à Buenos Aires en 2018, ces délégations entendent mettre en valeur leur savoir-faire dans diverses disciplines. Toutefois, sur leur territoire d’accueil, les représentants du Sénégal et des autres pays africains disposeront également d’une occasion propice pour bousculer l’ordre établi.
Dakar s’apprête à devenir le théâtre d’une nouvelle confrontation sportive entre les grandes puissances. Du 31 octobre au 13 novembre, environ 2 700 athlètes âgés de 14 à 17 ans, issus de 204 comités olympiques nationaux et de l’équipe olympique des réfugiés, se réuniront au Sénégal pour les quatrièmes Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ). Au total, 153 épreuves médaillées sont programmées dans 25 disciplines.
Pour appréhender les forces en présence, le palmarès de l’édition précédente, organisée à Buenos Aires en 2018, fournit un premier cadre d’évaluation. La Russie avait pris la tête du classement avec 59 médailles d’or, 18 d’argent et 12 de bronze, soit 59 titres en or, devançant la Chine (18 or, 9 argent, 9 bronze, 36 médailles) et le Japon (15 or, 12 argent, 12 bronze, 39 médailles). Les États-Unis avaient terminé avec six titres, cinq médailles d’argent et sept de bronze, soit 18 récompenses au total.
Cette hiérarchie historique offre une indication des nations à surveiller, même si le nombre d’athlètes et les disciplines au programme ont évolué depuis Buenos Aires.
Les grandes puissances en première ligne
La Chine sera particulièrement examinée dans les disciplines où elle dispose d’une longue tradition de formation et de réussite, notamment la gymnastique, la natation, le tennis de table, le badminton et les arts martiaux. Le wushu, qui devient une discipline officielle médaillée aux JOJ, offre en particulier un terrain favorable aux jeunes athlètes chinois. Parmi les talents déjà repérés, Enge Xu, championne asiatique de triathlon chez les jeunes, figure parmi les athlètes à suivre.
Le Japon, troisième du tableau général en 2018, dispose lui aussi d’arguments solides dans les sports de combat, la gymnastique, le badminton et le triathlon. Son jeune triathlète Daiki Nishizaki, champion d’Asie chez les juniors en 2025, sera particulièrement attendu à Saly. Sa progression sur le circuit international des jeunes en fait l’un des noms à retenir dans cette discipline.
Les États-Unis, qui avaient terminé neuvièmes à Buenos Aires, seront également à l’affût. Leur délégation comprend 29 athlètes répartis dans 12 disciplines. Caden Phillips, en beach-volley, et Luisa Moala, en rugby à sept, ont été désignés porte-drapeaux de l’équipe américaine. Phillips arrive notamment après une neuvième place aux Championnats du monde U18 de beach-volley.
La Russie mérite une attention particulière. Après son absence des grandes compétitions olympiques sous son drapeau depuis 2022, son retour constitue l’un des faits marquants de cette édition. Treize athlètes russes sont annoncés dans neuf disciplines : cyclisme, judo, équitation, natation, skateboard, gymnastique, taekwondo, wushu et escrime. Parmi eux, la judoka Anastasia Dobrovolskaya, les nageurs Bogdan Toropkin et Serafima Fokina, ainsi que la cycliste Angelina Novolodskaya seront à suivre. La Russie, première à Buenos Aires en 2018 avec 29 médailles d’or et 59 récompenses au total, vise à retrouver une place de premier plan.
L’Afrique veut bousculer la hiérarchie
Les nations africaines ne se présenteront pas à Dakar en simples spectateurs. Le Kenya, l’Éthiopie, l’Ouganda, l’Afrique du Sud et le Nigeria disposent de traditions bien établies dans plusieurs disciplines, notamment l’athlétisme. À Buenos Aires, le Kenya avait décroché trois titres olympiques de la jeunesse en athlétisme, à égalité avec la Chine. L’Éthiopie avait remporté huit médailles dans cette discipline, dont deux en or.
Le Sénégal occupera naturellement une place majeure dans cette compétition. Fort d’une délégation de 136 athlètes répartis sur 23 disciplines, le pays propose une présence conséquente. Le futsal, le beach-volley, le basketball 3×3, la lutte plage, le taekwondo, la boxe et l’athlétisme figurent parmi les domaines où les jeunes Sénégalais pourront s’illustrer. À domicile, l’enjeu sera de transformer le soutien populaire en performances.
Ces JOJ offrent également l’occasion de déceler des talents moins médiatisés. Le triathlon en témoigne particulièrement. Outre le Japonais Daiki Nishizaki et la Chinoise Enge Xu, le Marocain Ziad Bouchikha et le Tunisien Youssef Slama se distinguent parmi les jeunes compétiteurs africains à suivre. Le premier a remporté l’Africa Junior Cup en 2025, tandis que le second s’est illustré sur le circuit continental et à Saly.
Au-delà du duel entre les grandes puissances, Dakar 2026 pourrait ainsi révéler une nouvelle génération de champions. Les JOJ ont déjà servi de tremplin à de nombreux athlètes devenus des références mondiales, à l’instar de Noah Lyles, passé par les Jeux de la jeunesse avant de devenir champion olympique. Dans cette édition historique, le Sénégal et l’Afrique espèrent aussi voir émerger leurs prochains grands noms.