Originaire de Guédiawaye, Mame Khourédia Niang, connue sous le nom de Xoureja, bâtit son parcours autour du bénévolat, de la culture et de l’engagement citoyen. À 22 ans, elle mène diverses expériences dans les domaines de la jeunesse, de la culture, de la communication et du volontariat. Diplômée en gestion de projet digital, elle s’intéresse à des initiatives qui permettent aux jeunes de structurer leurs idées, de faire entendre leur voix et de s’impliquer dans les évolutions de leur société. Son engagement associatif se manifeste particulièrement à travers le Réseau d’Action des Volontaires Yaakaar (RAVY), qu’elle a cofondé. Par cette initiative, elle favorise la solidarité et l’action des jeunes au service des communautés. Pour elle, le volontariat incarne une manière de vivre sa citoyenneté et de contribuer à la recherche de solutions aux difficultés qui entourent les gens. « C’est une manière de regarder le monde, de se sentir concernée par ce qui se passe autour et de choisir d’agir, même lorsque les ressources ne sont pas encore toutes réunies », explique-t-elle. Son passage au Consortium Jeunesse Sénégal lui a permis d’intervenir dans la communication et la mobilisation des jeunes. Elle a notamment œuvré à rendre l’information plus accessible et à mettre en valeur les initiatives portées par cette tranche de la population. Cette expérience a renforcé son intérêt pour la communication comme outil de sensibilisation et de participation citoyenne. La culture occupe aussi une place centrale dans son parcours. Son travail en médiation culturelle, notamment à l’Agence pour la promotion et le développement de l’artisanat, lui a permis d’approfondir son souci de transmission et d’accès à la culture. Aujourd’hui, elle poursuit son engagement en coordonnant des projets liés aux industries culturelles et créatives. À travers ces expériences variées, Xoureja cherche à mettre ses compétences au service de projets qui rapprochent les jeunes de la culture et de la vie collective.
Un seul mot peut tout sauver
Le 5 novembre 2026, elle atteindra une étape déterminante au Théâtre national Daniel-Sorano, lors de la finale du concours Kalama, organisé dans le cadre des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, avec Eloquentia et l’Agence française de développement (AFD). Le sujet retenu, « Les valeurs olympiques ont-elles perdu leur valeur ? », l’invite à analyser les principes qui soutiennent l’idéal olympique. La jeune candidate défendra une position affirmative. Son raisonnement portera sur les contradictions entre les valeurs affichées par le mouvement olympique et certaines réalités du sport. Elle prévoit notamment d’interroger le rôle du dopage dans les compétitions, les conséquences environnementales des grands événements et les retombées pour les populations. « Je crois profondément au potentiel positif du sport pour nos sociétés. Mais il est essentiel d’interroger les incohérences qui peuvent exister entre les valeurs que prônent les Jeux et les réalités vécues par les athlètes », affirme-t-elle. Pour Xoureja, l’excellence, le respect et l’amitié entre les peuples doivent se traduire dans les pratiques sportives et dans l’organisation des compétitions. Son intervention cherchera ainsi à rapprocher les principes olympiques des réalités vécues par les athlètes, les communautés et les jeunes. Au Sénégal, l’organisation des JOJ Dakar 2026 confère une portée particulière à sa réflexion. Elle s’interroge sur l’héritage que cet événement laissera aux générations futures et souhaite que les retombées se mesurent aussi à travers les opportunités offertes aux jeunes, les vocations suscitées et les changements durables dans les communautés. « L’héritage d’un événement sportif devrait aussi se mesurer aux possibilités offertes aux jeunes, aux nouvelles vocations et aux liens qui se tissent », estime-t-elle. L’éloquence lui offre un moyen supplémentaire de porter ses convictions. Par la parole, elle entend sensibiliser le public, défendre ses idées et ouvrir le débat sur des questions de société. « C’est une manière de mettre des mots sur des réalités que nous observons, de défendre des convictions et d’ouvrir des espaces de dialogue », confie-t-elle. À la finale de Kalama, le 5 novembre, Mame Khourédia Niang portera cette conviction devant le public du Théâtre national Daniel-Sorano. Son parcours, façonné par le bénévolat, la communication et la culture, nourrit une ambition claire : donner une place active aux jeunes dans la société et faire de la parole un levier pour défendre leurs aspirations. « Les valeurs doivent se manifester dans nos choix, nos comportements et les opportunités que nous offrons aux autres », résume-t-elle. Une conviction qu’elle entend défendre avec éloquence, à l’heure où le Sénégal accueille les Jeux olympiques de la jeunesse et où la place de la jeunesse dans cet événement suscite de nombreuses attentes.