Le ministre en charge des Pêches et de l’Économie maritime, Amy Mara Dièye, a donné le coup d’envoi, samedi 24 octobre, des travaux liés au Centre de fumage de poissons et à la Maison des acteurs de la pêche à Kafountine. À terme, ces deux réalisations viseront à diminuer de manière abusive l’emploi du bois dans le fumage, à rehausser les conditions de travail des femmes, à garantir une meilleure salubrité des produits et à renforcer la compétitivité des produits sur les marchés nationaux et sous-régionaux.
Une nouvelle phase s’ouvre pour Kafountine. La localité va se doter de deux installations dédiées au fumage et d’une Maison des acteurs de la pêche. « Cette unité moderne de fumage, dont le coût dépasse les 218 millions de FCfa, constitue une réponse pertinente à la question de l’usage excessif du bois dans le fumage des produits halieutiques », a confié le ministre de la Pêche et de l’Économie maritime.
Selon les observations de l’élue lors de sa visite sur site la semaine précédente, le Centre de fumage moderne de Kafountine sera bâti et équipé en conformité avec les normes et principes requis pour l’aménagement des unités de transformation agroalimentaire. Il comprendra un bloc technique comprenant une zone de réception et de conservation des matières premières, ainsi que des secteurs dédiés au traitement, au fumage, au séchage, au conditionnement et au stockage des produits finis.
À l’heure actuelle, le site de fumage de Kafountine mobilise jusqu’à 72 tonnes de bois par jour. Dans le but d’améliorer l’environnement de travail des femmes et de diminuer la pression exercée sur les ressources ligneuses, la zone destinée au fumage sera pourvue de fours à haute efficacité énergétique, économes en bois. Ces fours exploiteront aussi, comme combustibles, le biocharbon issu des sous-produits agricoles et des résidus issus de la transformation des produits forestiers, entre autres.
Le centre intégrera aussi un bloc administratif regroupant entre autres une garderie, une infirmerie, des vestiaires et un magasin de vente au détail. Le même genre d’installation sera érigé à Diogué, île appartenant à la commune de Kafountine. « La construction de ces centres de fumage représente une avancée majeure pour la transformation artisanale », a affirmé le ministre.
Avec plus de 43.996 tonnes de produits halieutiques débarquées en 2025, pour une valeur commerciale estimée au-delà de 15 milliards de FCfa, Kafountine figure aujourd’hui parmi les pôles les plus dynamiques de la pêche artisanale au Sénégal. La localité recense plus de 865 pirogues en service et mobilise plus de 6 118 pêcheurs. Cette vitalité illustre le dynamisme du secteur tout en mettant en lumière les défis qui subsistent.
Dans le même élan, le ministre a posé la première pierre de la Maison des acteurs de la pêche, dont le coût est estimé à plus de 80 millions de FCfa. Cet espace se destinera à servir de lieu de concertation, de formation et de coordination pour l’ensemble des parties prenantes de la filière. Cette infrastructure favorisera le dialogue entre les acteurs du secteur et les autorités locales, tout en renforçant la gouvernance participative et la cohésion du milieu.
Les femmes transformant les produits halieutiques à Kafountine ont profité de la présence du ministre pour solliciter des échanges et des visites auprès des pays plus avancés dans le fumage, notamment la Gambie, le Gabon, le Togo et la Guinée-Conakry.