Secteur privé : l’État dresse le bilan des obstacles à la compétitivité des entreprises du Pôle Nord

23 octobre 2026

Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan a ouvert, mardi 20 octobre, à Saint-Louis, deux journées de concertation territoriale avec les entreprises stratégiques du Pôle nord. Cette initiative vise à identifier les obstacles qui freinent l’investissement privé et à proposer des réponses concrètes destinées à renforcer la compétitivité des entreprises locales, stimuler la création d’emplois et faciliter la mise en œuvre de la « Vision Sénégal 2050 ».

Saint-Louis – Donner davantage de place au secteur privé dans la transformation économique du pays. Tel est l’objectif poursuivi par ces concertations territoriales organisées les 20 et 21 octobre à Saint-Louis par le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, en collaboration avec les autorités administratives. Les échanges réunissent les entreprises stratégiques autour de leurs difficultés, de leurs perspectives de développement et des mesures attendues des pouvoirs publics. Pour une responsable adjointe au gouverneur de Saint-Louis chargée du développement, cette initiative offre un cadre privilégié d’expression pour les acteurs économiques de la région. « C’est l’occasion d’écouter les entreprises intervenant dans la région, pour qu’elles puissent revenir sur les difficultés auxquelles elles sont confrontées, mais également formuler leurs recommandations », a-t-elle expliqué.

Les contributions recueillies doivent permettre de mieux orienter les décisions publiques et de conforter les ambitions de la « Vision Sénégal 2050 ». Au-delà du diagnostic, les autorités veulent donner une traduction opérationnelle aux préoccupations exprimées par les chefs d’entreprise. Un responsable de la Direction générale de la Coopération, des financements extérieurs, du développement du secteur privé et des partenariats insiste sur la nécessité de passer de l’identification des acteurs économiques à la recherche de solutions adaptées à leurs besoins. « On ne va pas résoudre tous les problèmes en deux jours, mais on va montrer qu’il y a une nouvelle dynamique qui s’enclenche », a-t-il soutenu.

Cette démarche doit, selon lui, permettre de distinguer les difficultés qui peuvent être résolues rapidement de celles nécessitant des études techniques, des réformes ou des investissements structurants. Il met également l’accent sur les opportunités offertes par le développement du secteur extractif, notamment l’exploitation du gaz. L’objectif est que les entreprises locales puissent prendre leur place dans les chaînes de valeur générées par cette activité. « Cette dynamique ne laissera aucune chaîne de valeur en rade, y compris le secteur des hydrocarbures », a-t-il assuré, réaffirmant l’engagement de l’État à accompagner le développement du secteur privé sans discriminer les secteurs.

Inscrites dans la Stratégie nationale de développement du secteur privé et de promotion de l’investissement 2025-2029, ces concertations ciblent particulièrement les chaînes de valeur du riz, du tourisme et de l’oignon, considérées comme prioritaires dans le Pôle nord. Les travaux doivent déboucher sur une synthèse des contraintes, des recommandations hiérarchisées et un plan d’action destiné à améliorer l’environnement des affaires. Des rencontres entre entreprises et administration sont également prévues, ainsi que des présentations de projets à fort potentiel de création de richesses et d’emplois. La deuxième journée est consacrée aux travaux thématiques, à l’examen des projets d’investissement et aux visites d’entreprises ciblées. Les conclusions attendues doivent alimenter une feuille de route de suivi-évaluation afin d’assurer la continuité des engagements pris.

Dans ce cadre, le dirigeant d’un acteur économique local a souligné les principales difficultés rencontrées par les entreprises de la région, qui portent notamment sur le foncier, la fiscalité et le financement.